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Aujourd'hui, 150 000 élèves sortent du système scolaire sans qualification. L'école doit tenir la promesse républicaine d'égalité scolaire.
Remontée des débats.
L'école n'apparaît plus comme un lieu sacralisé, les élèves semblent perdre, peu à peu, leurs repères. Pourtant, l'école joue un rôle essentiel en tant que lieu de socialisation. C'est le lieu où doit s'apprendre le respect des règles du bien vivre en société. Les élèves et les citoyens en puissance qui doivent être formés.
Les ZEP ont été beaucoup débattues. L'individualisation du parcours scolaire, le soutien personnalisé aux devoirs permettraient de remédier à l'échec scolaire. La création de classes à " géométrie variable " avec un maximum de 25 élèves par classe a été régulièrement évoquée.
La formation des enseignants est également abordée. Repenser totalement l'IUFM, encourager la formation continue, telles sont quelques unes des suggestions concrètes des internautes.
Sur la carte scolaire, certains pensent qu'une utilisation différente permettrait de résoudre certains problèmes, d'autres citent à plusieurs reprises l'exemple de la ville de Tours, qui a réintégré dans le centre ville les ZEP afin de favoriser la mixité sociale.
La nécessité d'un lien très fort entre l'école et les parents est soulignée pour réinstaurer la confiance réciproque. La multiplication des rencontres entre les parents et les professeurs est souhaitée tant la responsabilisation des parents est perçue comme un levier essentiel.
Se dégage le sentiment que le temps de la réforme est arrivé. Que l'école revienne aux fondamentaux ou qu'elle s'engage résolument dans la modernité, la réforme paraît essentielle pour réduire les inégalités sociales, pour permettre à tous les enfants de trouver leur place dans la société.

Enjeux
Aujourd'hui, 150 000 élèves sortent du système scolaire sans qualification. L'école doit tenir la promesse républicaine d'égalité scolaire.
Propositions

22 Organiser des Etats généraux des enseignants sur le mode participatif" : pour améliorer leurs conditions de travail dans l'école, assurer la pleine reconnaissance de leurs missions et préparer un plan pluriannuel de recrutement des enseignants, de formation et de résorption de l'emploi précaire.
23 Mettre en place un service public de la petite enfance et la scolarisation obligatoire dès 3 ans" : Assurer la maîtrise de la langue parlée à la maternelle
24 Organiser le soutien scolaire gratuit pour tous les élèves grâce à des répétiteurs" :
25 Limiter à 17 le nombre d'élèves par classe en CP et en CE1 dans les ZEP et fixer la dotation aux établissements par élève en difficulté à 25% de plus que la dotation ordinaire" :
26 Réviser la carte scolaire pour supprimer les ghettos scolaires, assurer la mixité sociale et constituer des réseaux d'éducation prioritaire" :
27 Renforcer la présence adulte dans les établissements" : y compris, lorsque ce sera nécessaire, par la présence d'un deuxième adulte dans les classes
28 Implanter des classes préparatoires aux grandes écoles dans les quartiers qui en sont dépourvus" : L'excellence scolaire ne doit pas être réservée aux établissements de centre-ville.
29 Créer des emplois-parents" : la généralisation d'écoles des parents et des consultations de médiation familiale pour les aider à conforter leur autorité
30 Adopter une loi de programmation pour redonner à nos universités les moyens de l'excellence" : . En 5 ans, la dépense par étudiant sera portée au même niveau que la moyenne des pays de l'OCDE. Renforcer l'autonomie des universités dans le cadre national. Associer les régions à la remise à niveau des universités (bâtiments, logements étudiants…).
31 Créer un service public d'orientation" : pour que les jeunes soient informés pleinement des débouchés offerts par chaque filière.
32 Créer une allocation autonomie pour les jeunes" : sous condition de ressources avec un contrat pour faciliter les études et l'entrée dans la vie active.
33 Engager le chantier national proposé par le Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale" :
34 Soutenir la création et l'emploi culturels" :
35 Inscrire l'éducation artistique et la pratique artistique à tous les niveaux de la maternelle à l'université" : A cette fin, sera mis en oeuvre un plan national, avec les Régions, d'aménagement d'équipements culturels dans les universités et les lycées (salles de répétition et de spectacles, ateliers-studios, tables de montage, etc.). Les intermittents du spectacle et les élèves des écoles supérieures spécialisées pourront participer à ce mouvement en résidence d'artistes.
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Discours aux enseignants Dunkerque
http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=interventions&id=914,

Vous le savez, je le dis souvent, parce que c'est vrai, tout se tient : le travail, la famille, le logement, et enfin l'éducation. J'ai choisi ce soir, à Dunkerque, de vous parler d'éducation. Car après avoir présenté le 11 février dernier le pacte présidentiel, je vais maintenant à travers la France pour approfondir les thèmes : aujourd'hui à Dunkerque sur l'éducation, demain à Strasbourg sur la recherche, la semaine prochaine à Rennes sur le travail et sur l'emploi.

Alors je l'ai dit et je le redis ici à Dunkerque, l'éducation, encore l'éducation, toujours l'éducation, au cœur de tout et en avant de tout ! Ce sera le cœur de notre pacte présidentiel.

Je le redis devant Jack Lang, en effet, qui observe avec nous tous, jour après jour, le démantèlement des moyens. L'école, en France, c'est l'âme du pays. L'école, en France, c'est ce qui a donné à la Nation le sentiment de son unité. L'école, en France, c'est ce qui a enraciné la République dans les consciences et dans les mœurs. L'école, c'est la grande institution qui a montré à tous les enfants de France, et donc à tous les futurs citoyens, que le travail et le mérite pouvaient être récompensés et qu'ils pouvaient peser plus lourd que le seul privilège de la naissance. L'école, en France, ce n'est pas seulement l'école, c'est le creuset, la matrice, le principe de tout le reste. Alors que ceux qui vilipendent la faillite de notre système, et qui d'ailleurs en sont parfois à l'origine, de ce démantèlement, en sont même toujours, qu'ils aient bien cette vérité en mémoire, qu'ils sachent, ceux qui prétendent que le niveau baisse, qu'ils n'oublient jamais qu'il y a eu là une grande révolution silencieuse, qui n'est certes pas achevée, et qui ne le sera peut-être jamais tout à fait, mais qui a changé le visage de notre pays et que l'on doit aux générations d'enseignants.

Les 3 % de bacheliers dans les années 30 sont aujourd'hui vingt fois plus nombreux. Rien que dans les vingt dernières années, le nombre de nos étudiants a doublé. Nous sommes un pays où, grâce à l'école, grâce à la compétence, au dévouement au niveau de ses enseignants, les quatre cinquièmes des enfants arrivent dans la vie adulte avec une qualification ou un diplôme. Peu d'institutions ont été au bout du compte aussi fidèles à leurs missions. Peu d'institutions se sont, contrairement à l'idée reçue, autant transformées, réformées, adaptées pour tenir compte des contraintes nouvelles, de la mutation des jeunes et continuer à remplir leur mission.

Oui, je vous le dis, la France demeure l'une des premières nations au monde, si elle conserve son éclat, son rayonnement et son dynamisme, elle le doit en grande partie à son école et à ceux qui enseignent.

Oui, c'est la première chose que je voulais vous dire. La culpabilisation, ça suffit ! Nous pouvons être fiers de notre école. Nous devons être fiers de tous ceux qui y travaillent et qui s'y dévouent sans relâche.

C'est vrai aussi que, depuis quelques années, l'école de la République connaît une crise. C'est vrai que, depuis quelques années, l'école de la République s'est démoralisée. Que s'est-il passé ? Les politiques de droite n'ont rien arrangé. La droite, en cinq ans, a détruit 125 000 emplois de professeurs, d'aides éducateurs, de médecins scolaires et de surveillants. Maintenant que les élections arrivent, elle leur promet bien sûr tout le contraire. Elle leur promet les salaires, la progression de carrières, les retraites revalorisées et le reste. C'est la foire aux promesses, c'est le tourbillon de la démagogie, et c'est surtout très dangereux, cet écart entre le discours et les actes, de la part de ceux qui ont déstabilisé, affaibli, amoindri l'éducation, démoralisé l'éducation, en lui retirant pendant cinq ans, année après année, tous ses moyens.

Quel mépris que de prétendre que si la droite revient au pouvoir, elle ne remplacera plus un fonctionnaire sur deux, et donc un professeur sur deux ! Peut-on accepter la disparition programmée de 300 autres postes d'enseignants ? Parce que c'est cela que ça veut dire. Peut-on accepter ce qui est dans le programme du candidat sortant de l'UMP, la suppression des ZEP ? Est-ce que c'est sérieux ? Est-ce que c'est dangereux ? Oui, c'est dangereux de mettre les écoles en concurrence et d'instituer la sélection par l'argent à l'entrée des universités. Comment le candidat de l'UMP sortant peut-il être crédible en promettant des moyens nouveaux, alors que c'est tout le contraire qui vient d'être fait ?

S'il est une fierté d'être socialiste et d'être à gauche, c'est la première place que nous avons toujours, toujours accordée à la question éducative, et cette première place, l'éducation la retrouvera. Nous avons été de tous les combats en faveur de l'école publique et laïque. Nous n'avons jamais douté que l'accès à la citoyenneté et l'accès de chaque futur citoyen à la liberté de penser et à la liberté tout court passaient par le renforcement de l'école. Et de cela, je crois vraiment que nous pouvons, que nous devons être fiers.

Je suis fière qu'avec François Mitterrand, nous ayons donné à l'Éducation nationale le premier budget de la Nation, et qu'avec tous les ministres socialistes qui ont, au cours de ces années, doublé le nombre de bacheliers, revalorisé le métier des enseignants, lancé un plan pluriannuel de recrutement. Nous n'avons pas le monopole de l'école, bien évidemment, mais nous avons le mérite de la constance et nous avons la preuve des résultats et de la volonté politique. C'est forte de cette constance et de cette volonté politique que je veux vous parler aujourd'hui de l'école.

J'ai entendu, dans tous ces débats, la profonde demande de reconnaissance. Ah, la reconnaissance ! C'est le mot qui est le plus fréquemment revenu dans les débats en venant des équipes éducatives. D'abord, je ne veux plus entendre tous ces discours qui contestent la valeur et l'engagement de nos enseignants. Je ne veux plus entendre, comme aujourd'hui, qu'on a trop donné à l'école et que son budget ne vaut pas ses résultats, car sans cet investissement, sans le lien de chair et d'esprit de la République et de son école, où en serions-nous ? Combien aurions-nous de jeunes à la dérive ? Combien de familles seraient à l'abandon ? Quand je vous rencontre, vous les enseignants, ce qui me frappe, c'est le moral qui baisse, malgré votre foi dans votre mission et votre ardeur à la tâche. Ce qui me frappe, c'est face à l'immensité de votre rôle, et face aux difficultés que vous avez à le remplir dans un environnement urbain et familial qui n'est plus, hélas, celui des enfants sages et des hussards noirs de la République, c'est votre humilité et votre refus de l'esprit de système. Ce qui me frappe, c'est que vous avez conscience que les chocs culturels auxquels vous êtes confrontés ne trouvent plus leurs réponses dans les solutions toutes faites. Vous cherchez, parfois vous tâtonnez, mais vous trouvez. Et le devoir de la République c'est vous aider à inventer. Je veux une société qui reconnaisse l'expérimentation et qui vous laisse libres, plus libres de vos méthodes pédagogiques, sans inspection tatillonne.

Je veux, autour de l'école, pour vous y aider, une société de la connaissance, où le savoir vaut plus que l'apparence. Je veux autour de l'école une société d'intelligence, où l'esprit de service public domine l'intérêt mercantile. Je veux des écoles, des lycées, des collèges où l'on continuera longtemps encore de concilier l'égalité et le mérite, la solidarité et l'émulation, la citoyenneté et l'esprit critique, les classiques et le progrès technologique. Je veux autour de l'école une société qui promeut l'intelligence collective sans tarir les talents individuels, qui relève les défis du monde plutôt que d'en avoir peur. Je veux une politique de l'école qui ira de la Sorbonne aux Minguettes, et qui donnera la même chance à Frédéric et à Malika.

Je veux tout cela en sachant que vous le voulez aussi. Je veux que nous continuions ensemble cette lignée de la gauche qui va de Condorcet à Jean Jaurès, de Paul Bert à Jean Zay et Ferdinand Buisson, du plan Langevin Vallon au plan Université 2000. Je veux, avec vous, faire que l'éducation reste au centre de la République, une, laïque et indivisible.

Je voudrais dire à l'école et à ceux qui enseignent que c'est grâce à vous que je suis là devant vous.

C'est grâce à mon amour de l'école, où j'ai compris très tôt, dès le collège rural des Vosges, avec mes enseignants PEGC, je me souviens encore de leur visage, c'est là que j'ai compris, dans le travail scolaire, que j'allais trouver la chance de mon émancipation.

Moi qui viens d'une famille nombreuse traditionaliste, où les filles étaient destinées aux tâches domestiques où il était considéré que les études après le baccalauréat étaient inutiles à notre fonction naturelle féminine. Ce sont mes professeurs qui m'ont poussée, motivée, encouragée, poussée en avant, pour que, après le baccalauréat, je puisse engager des études supérieures, et je voudrais ici leur témoigner de ma reconnaissance.

Et l'école juste, c'est d'abord une école où il fait bon vivre. L'école juste, ce n'est pas seulement une école qui permettra à quelques enfants issus des quartiers populaires d'accéder aux grandes écoles, c'est utile, c'est important, mais cela ne suffira pas. C'est l'école qui donne la meilleure formation possible, non pas aux seuls boursiers de la République, mais à tous les élèves de France, c'est l'école qui diversifie les chemins qui mènent à la connaissance, et c'est l'école qui, en même temps, offre une culture commune car la valeur et la compétitivité d'un pays ne se mesurent pas seulement au nombre de ses prix Nobel. Elle a besoin de prix Nobel naturellement, l'excellence est toujours comme la preuve ultime de la très grande qualité d'un système, mais la vraie valeur d'un pays, elle se mesure d'abord à la qualité de la culture et de l'éducation prodiguée à tous ses citoyens.

C'est cette vision que je veux porter, c'est cette vision que je veux partager avec toute la communauté éducative et pour que la gauche au pouvoir continue l'école de la République, c'est-à-dire l'excellence pour le plus grand nombre.

Je voudrais m'adresser aux enseignants, comme je viens de le faire, mais je pense aussi aux personnels éducatifs non enseignants, aux chefs d'établissement, et dans le pacte de la réussite éducative que je vous propose, je voudrais dire à tous que l'État vous garantira les moyens de votre mission.

Si je suis élue Présidente de la République, j'ai un devoir imprescriptible envers vous, et ce devoir sera de garantir les moyens de votre mission car vous recevez aujourd'hui de plein fouet les effets de la crise sociale.

Vous êtes les premiers à devoir faire face aux légitimes inquiétudes des parents, aux souffrances des élèves et à leur découragement. Vous êtes aussi en première ligne des nouvelles formes d'agressivité et de violence, et l'école doit être partout un lieu de paix. Aucune atteinte à votre autorité ne doit être acceptée.

La puissance publique se tiendra en toutes circonstances à vos côtés, elle fera tout pour protéger l'école des coups qui lui sont déjà portés, que ces coups viennent du dehors ou parfois hélas du dedans. Vous serez épaulés chaque fois que vous en aurez besoin.

Notre école doit être l'école du respect, et ce respect sera d'abord le respect qui vous est dû, vous qui transmettez les savoirs, les lumières et l'esprit citoyen.

A chaque élève, il faut offrir sa chance, mais à chaque enseignant, il faut reconnaître son autorité, et à chaque parent, il faut donner sa place. Je veux une harmonie réciproque entre l'école et les parents.

Je m'engage à organiser les États généraux de la réussite scolaire dès le mois de mai 2007 car j'ai décidé de rétablir pour la rentrée 2007 les moyens qui ont été retirés à l'école. Et je veux, dans le cadre de ces États généraux, avec vous, enseignants, chefs d'établissement, personnels non enseignants, parents d'élèves, décider de la façon la plus efficace de répartir ces moyens pour améliorer les conditions de travail d'un côté et la réussite des élèves de l'autre.

Le pacte de la réussite éducative que je vous propose reposera également sur la stabilité dans la durée des moyens financiers et humains investis à l'école, dans le primaire et dans le secondaire, parce qu'il faut une continuité dans l'effort, et je souhaite en particulier que soit renforcée la formation des enseignants parce que le creuset de la République ne peut voir son destin dépendre des caprices de la conjoncture économique ; parce que faire du parcours éducatif une variable d'ajustement budgétaire est un scandale quand des dizaines de milliers d'enfants sortent encore chaque année du système sans la moindre qualification et que tant d'établissements souffrent du besoin de professeurs, de surveillants, de personnels médicaux, de psychologues, de conseillers d'orientation, de CPE, de personnels ouvriers et de services.

C'est pourquoi je veux que la reconnaissance de la Nation à ces enseignants ne soit pas que symbolique, je veux qu'elle se traduise sur leur pouvoir d'achat, dans leurs évolutions de carrière et dans leur formation. Cette révolution nécessaire s'accompagnera d'une rénovation des pratiques et du métier d'enseignant.

Et c'est pour assurer cette sécurité au long court que je m'engage à édicter un plan pluriannuel de pré-recrutement, de recrutement et de création d'emplois. Nous ferons voter au Parlement une loi de programmation et nous stabiliserons sur les cinq années de la législature les moyens pour sécuriser, apaiser, harmoniser les relations entre l'école et la nation car en voilà assez des angoisses, des fermetures de classes, des redéploiements qui frappent le système scolaire à chaque rentrée scolaire.

Je crois que le moment est venu de procéder autrement, je crois que le moment est venu là aussi de nouer un pacte présidentiel avec le système scolaire pour qu'il soit assuré sur la durée, et les élus locaux aussi qui sont en première ligne souvent des batailles scolaires contre la fermeture des écoles, et les élèves, et les parents d'élèves qui veulent aussi pouvoir compter sur la stabilité et sur la sécurisation des moyens.

Mais je veux aussi parler le langage de vérité à la communauté éducative. Des établissements ont davantage besoin de soutien que d'autres, et l'Éducation nationale doit avoir l'audace de rompre avec les approches uniformes, et je l'ai dit tout à l'heure, et je le répète, elle doit pouvoir favoriser des pédagogies sur mesure, du soutien individualisé en favorisant le travail en équipe et l'expérimentation.

Cela commence, cette bataille pour la réussite scolaire, très tôt, et c'est pourquoi le pacte que je vous propose établira la scolarité obligatoire à trois ans et instituera, avant cet âge, un service public de la petite enfance. C'est là que se trouve la première inégalité entre les familles. C'est là, dès le plus jeune âge, la plus criante des inégalités. Le nombre de mots compris par un enfant à l'entrée du cours préparatoire peut varier, suivant l'origine familiale, de 600 à 1 800 mots. De tels écarts sont porteurs d'inégalités toute la vie, et l'école, c'est sa mission la plus noble, peut réparer ces inégalités et doit en avoir les moyens, car je veux, moi, un système éducatif où chaque enfant aura le même droit d'être soutenu pour faire ce devoir.

Je veux que l'école soit ouverte et que soient généralisées les expériences école ouverte pour épauler ceux qui en ont le plus besoin après les heures de cours. Je veux que le soutien scolaire individualisé soit gratuit dans l'école de la République, et cela sera la véritable révolution éducative. Et je veux naturellement que les enseignants qui consacrent leur temps à ce soutien aient droit à une rémunération supplémentaire et disposent de locaux pour accomplir leur mission.

Je veux également qu'ils puissent faire appel à des personnels supplémentaires qui puissent les aider dans ce travail individualisé. Oui, il faudra établir un système de soutien partout où il y en a besoin pour raccrocher les élèves qui décrochent, c'est cela l'ordre éducatif juste que l'on doit aux enfants, aux parents, car c'est à la puissance publique de réparer les injustices nées de la société, de même que c'est à la puissance publique d'établir et de garantir une vraie gratuité et d'interdire les obligations d'achat que l'on trouve encore trop souvent même à l'école élémentaire. Et j'en prends ici l'engagement : l'école de la République sera partout totalement gratuite.

Des centaines de milliers d'enfants et d'adolescents vivent chez eux une misère sociale et culturelle, et là se trouvent les racines de l'échec scolaire. Comment bien préparer ses devoirs quand le bruit empêche la concentration, quand l'enfant partage sa chambre avec plusieurs frères et sœurs, quand il doit dormir dans la pièce commune, quand il est gavé de mauvaise télévision ? Comment demander l'excellence à des enfants qui ont mal dormi, mal ou trop peu mangé ? Là aussi, c'est le rôle de la puissance publique d'agir, et on le voit bien, les politiques scolaires vont de pair avec les politiques de la ville et avec les politiques du logement social et de la mixité urbaine. L'un ne va pas sans l'autre. C'est pourquoi la priorité donnée au logement social est aussi à la source de la lutte contre les inégalités scolaires.

Puis, le pacte de la réussite éducative, c'est refuser que la vie d'un adolescent soit déterminée à quatorze ans dans l'apprentissage. Ce que je veux, c'est insérer l'apprentissage dans le parcours scolaire, c'est initier tous les collégiens au travail manuel et à toutes les formes d'intelligence. Je crois, oui, que toutes les formes d'intelligence conceptuelle, concrète, sensible, manuelle s'imbriquent et se nourrissent l'une de l'autre. Ce que je veux, c'est repenser les mécanismes d'orientation dans ce qu'ils peuvent d'avoir d'irréversible et de brutal.

Nous ménagerons des cycles de transition, nous éviterons tant que faire se peut les passages chocs, nous instituerons des lycées des métiers où, peu à peu, au fil des cycles, la même noblesse ira aux filières techniques et professionnelles qu'aux filières classiques.

Je veux qu'un jeune qui apprend à dessiner le plan d'une turbine soit aussi bien considéré qu'un jeune qui récite Antigone. Je veux que l'apprentissage soit une voie de formation véritable permettant de mettre le pied dans une formation qualifiante et ouverte et que cet apprentissage soit aussi diffusé par les lycées publics pour déboucher sur l'emploi et sur la réussite.

Et puis d'autres chantiers nous attentent, et notamment assurer la pleine maîtrise de notre langue nationale pour chaque enfant de ce pays, c'est la clé de tout, la passion, l'amour de la langue française : d'elle, tout procède, et vers elle, tout converge. Elle est la colonne vertébrale de notre école, elle est le savoir des savoirs, la porte qui ouvre aux autres disciplines. C'est par elle et pour elle que le cœur de l'école doit battre jour après jour, notre langue française, car un enfant qui n'accède pas à la maîtrise de la langue est un enfant blessé, et un enfant blessé est un enfant exclu, et un enfant exclu est un enfant qui, demain, faute d'utiliser le pouvoir des mots, sera tenté d'utiliser le pouvoir des coups.

Alors penser un plan aussi pour les arts à l'école, de la maternelle à l'université, c'est un enjeu majeur, et je le dis solennellement, tout enfant de ce pays a droit non seulement à l'alphabétisation culturelle, mais à l'initiation à un art. Ce que Jules Ferry a réalisé pour la lecture et le calcul, je le ferai pour l'éducation artistique.

Je voudrais que cela soit fait dans toutes les écoles de France. Je crois que nous pouvons, en réhabilitant ce qu'on appelait jadis les humanités, en redonnant toute sa place à la culture dite générale, c'est-à-dire à la culture tout court, je crois que nous pouvons infuser dans toutes les écoles l'esprit des maisons de la culture.

Et puis je me suis exprimée sur le sport ce matin devant le Comité national olympique et sportif français, et suite aux manifestations des enseignants, aux jeunes qui ont été engagés dans les STAPS avec la diminution de 70 % des CAPES dans cette profession indispensable parce que c'est d'abord par le sport que nous lutterons pour l'intégration, que nous lutterons contre toutes les formes de discrimination, que nous lutterons pour la tranquillité et pour l'harmonie à l'intérieur de l'école.

Et je l'ai dit, je le répète ici, non seulement le budget des sports sera doublé, mais les moyens qui ont été retirés à l'UNSS seront rétablis parce que les enseignants ont le droit de se voir reconnaître le travail sportif en périscolaire, et le retrait de 70 % des postes au CAPES d'éducation physique et sportive seront rétablis et seront remis à niveau pour tous les jeunes qui se sont engagés sur la base de promesses fallacieuses dans ces filières et qui, aujourd'hui, n'ont pas de débouché, demain, ils retrouveront ces débouchés parce que les écoles, les élèves, les adolescents n'ont jamais eu autant besoin qu'aujourd'hui d'accéder à la pratique sportive.

Le pacte de la réussite éducative, c'est également d'engager une loi d'orientation et de programmation pour l'enseignement supérieur. Et j'aurai l'occasion demain de m'exprimer sur ce sujet en articulant l'enseignement supérieur et la recherche.

A un moment où les Français regardent et comparent les modèles de société qui leur sont proposés pour l'élection présidentielle, je voudrais insister, mais vous l'avez compris déjà, sur la différence qui oppose projets contre projets, vision de la société contre vision de la société, par ce retour en force de la priorité de l'Éducation nationale.

Et je voudrais vous dire aussi que les moyens, nous les trouverons car, quand j'entends le candidat de l'UMP demander la construction d'un deuxième porte-avions, je n'y suis pas favorable, je l'ai dit, je l'ai dit et je me suis exprimée sur ce sujet, je maintiendrai inchangé l'effort de défense nationale, parce que nous vivons dans un monde menacé dans le cadre duquel la France ne peut pas baisser la garde, ni son effort de défense. Mais je n'engagerai pas la construction d'un deuxième porte-avions car je considère que cet équipement doit se faire dans le cadre de l'émergence d'une défense européenne et doit devenir un chantier européen.

Alors, si la Nation est capable de dégager le coût d'un deuxième porte-avions, j'en fais ici le serment, cette marge de manœuvre supplémentaire, cette valeur-là n'ira pas à la défense nationale, mais ira à l'Éducation nationale. Voilà la différence.

Mon autre priorité sera d'inventer réellement la formation tout au long de la vie.

Depuis la nuit des temps, notre système éducatif repose sur une césure générationnelle finalement absurde, il s'adresse souvent à la jeunesse, et c'est indispensable, mais s'arrête parfois trop souvent à l'obtention du diplôme. Or, on le sait, l'explosion technologique, la mondialisation des échanges, le chômage de masse qui a accompagné tout cela, ont bouleversé ce schéma. Et on le sait aujourd'hui, puisque les pays qui reconnaissent le chemin de la croissance sont ceux qui investissent massivement dans la formation professionnelle et dans la qualification.

C'est pourquoi il est indispensable que les hommes et les femmes d'aujourd'hui aient accès tout au long de la vie à cette formation. Et c'est pourquoi je propose deux choses.

D'abord, la création d'un compte éducation-formation dont chacun disposera à la fin de la scolarité obligatoire, et qui sera d'autant mieux doté que la formation initiale aura été insuffisante.

Ensuite, l'inscription dans le contrat de travail de périodes de formation qui seront négociées naturellement par les partenaires sociaux, et enfin la Sécurité sociale professionnelle qui comprendra des périodes de formation professionnelle rémunérée lorsque les salariés perdent leur emploi parce que cette formation n'est plus adaptée au marché de l'emploi.

Oui, offrir à chaque travailleur, à chaque demandeur d'emploi, le droit et les moyens de s'adapter tout au long de la vie à l'évolution des techniques et des savoirs, c'est le rêve des Républicains. Avec ce rêve, nous commencerons, avec ces actions, à l'inscrire dans la réalité.

Et je veux vous le dire maintenant, je veux le dire ici solennellement, à chaque enseignant, à chaque élève, à chaque parent, mais aussi à toute la société, parce que tous les citoyens sont comptables et dépendent d'une certaine façon de la qualité de notre système éducatif et de formation, ce pacte, je le tiendrai parce que je le tiens pour fondateur, mais ni ces réformes, ni les moyens que la Nation y consacrera ne suffiront si chaque citoyen n'y apporte pas son concours actif.

Aidez-moi à réussir, enrichissez-moi de votre expérience. Le chantier est vaste, il a besoin de chacun. L'ambition est immense, elle a besoin que chacun et chacune d'entre vous dans ce pacte présidentiel assume sa part d'action et d'effort nécessaire et d'engagement.

Et l'école de la République telle que je la conçois, c'est l'école de la responsabilité, et la responsabilité c'est sans cesse renouveler et dépasser les intérêts personnels ou catégoriels, car c'est avec elle, avec cette volonté partagée, avec ce dépassement de soi, que l'école de la République trouvera la force de renouer avec son génie et de continuer sa longue et belle histoire. Et c'est parce que je crois en l'intelligence du peuple français, parce que nous connaissons son talent, parce que je sais qu'il n'est jamais si profondément lui-même que lorsque le sol paraît se dérober sous ses pas, que je suis convaincue qu'il entendra cet appel et qui, au-delà de cette salle mais avec cette salle magnifique, portera avec moi cette grande idée d'une école de tous, d'une école pour tous, et d'une école pour toute l'existence.

Et la France possède tous les atouts pour gagner cette bataille mondiale de l'intelligence. La France est équipée pour figurer au tout premier rang de cette bataille qui est celle de la transmission des savoirs.

Alors je vous le demande : portez ces paroles, portez ce pacte, saisissez-vous-en, allez vers les citoyens car c'est de notre avenir commun qu'il s'agit, c'est d'une volonté farouche de changer vraiment ce qui se passe aujourd'hui en France, c'est d'une exigence, c'est parfois un cri, une attente désespérée de quelque chose qui ne vient pas et qui va enfin finir par arriver, cette France plus juste, cette France plus forte, cette France du respect pour chacun et du progrès social pour tous, cette France du refus des violences, des inégalités, des précarités, des mépris de toutes sortes, cette France des mensonges, cette France de l'immoralité, cette France du mélange des genres et des pouvoirs, cette France qui mérite mieux que ce qu'elle a.

Je le sens aujourd'hui, le peuple de France, il est là, à Dunkerque, devant moi, il a envie que ça change, il a envie que nous réussissions, il a envie que la France se relève. Avec vous je sais que cela devient possible. Seule je ne peux rien, mais avec vous, ce changement arrive, ce souffle, il est là, le peuple le voudra, le peuple doit se mettre en mouvement car il attend des millions d'hommes et de femmes qui hésitent à revenir vers les urnes. Je leur dis : revenez vers les urnes. Toutes ces catégories populaires qui ne croyaient plus dans la politique et qui hésitent encore, qui regardent, qui attendent, portez-leur le pacte présidentiel, montrez-leur qu'il y a une révolution profonde, une autre façon de voir les choses, une autre façon de remettre les valeurs humaines au cœur de tout et en avant de tout, et en tout premier lieu cette éducation, c'est-à-dire cet investissement dans la génération qui se lève.

Je fais appel à toutes les générations, celle qui se lève, mais aussi la génération des anciens qui a envie de transmettre à la nouvelle génération les valeurs auxquelles nous tenons car la politique, c'est d'abord cela : transmettre à la génération qui vient des valeurs fondamentales, des sécurités, des dignités pour que, à son tour, cette génération puisse transmettre à la génération suivante.

Voilà le pacte présidentiel que je vous propose, celui de la transmission des valeurs, des savoirs, des confiances, pour que demain, la France soit plus belle et soit plus forte.

Alors, en avant, je vous fais confiance, vive la France, vive la République et vive l'école.
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Projet socialiste
Partie II : l'égalité réelle
Samedi 1 juillet 2006
La société française est minée par l'ampleur des inégalités. Elles altèrent la confiance de nos concitoyens dans la République. La lutte pour la Justice sociale doit donc être la pierre angulaire de notre action. Elle passe par le savoir, la sécurité et la solidarité. Premier des services publics, l'école doit promouvoir les valeurs de la République, dont la laïcité est le fondement.
I Partager le savoir
Pour répondre aux inquiétudes et aux attentes de nos concitoyens, nous ferons de l'Education Nationale notre première priorité. Nous avons conscience de défendre avec l'éducation pour tous un modèle de société qui doit préparer à l'exercice d'une citoyenneté pleine et entière, à l'âge adulte, qui doit donner une qualification permettant de trouver un emploi, qui doit permettre l'exercice libre de la raison et l'épanouissement individuel.
A Favoriser la réussite
- Nous créerons un service public, accessible aux enfants dès le plus jeune âge. Associé à l'Ecole maternelle, il offrira aux jeunes enfants, un encadrement pédagogique, médical et culturel, dont les plus pauvres sont privés.
Nous rendrons obligatoire la scolarisation dès l'âge de 3 ans, afin de donner à tous, les mêmes chances de réussir leur parcours scolaire.
Nous favoriserons l'accompagnement de tous les élèves pour prendre en compte leur diversité par des pédagogies différenciées. Nous renforcerons les dispositifs d'accompagnement scolaire qui permettent d'acquérir les notions de base, dans les premières années de l'Ecole primaire. Nous investirons dans les technologies éducatives pour personnaliser l'enseignement.
Nous développerons toutes les formes d'aide gratuite pour lutter contre la marchandisation de l'école (études encadrées, assistances personnalisées, etc.) en réalisant l'avénement d'une société éducative partagée grâce à la participation de tous les partenaires de l'école : collectivités locales et associations d'éducation populaire. Pour assurer l'épanouissement personnel de l'enfant, nous développerons les initiatives dans le domaine culturel et dans celui des activités d'éducation physique et sportive.
Nous ferons évoluer le collège afin qu'il ne soit plus le lieu du tri social : en instaurant une meilleure transition entre l'école élémentaire et le collège, en proposant aux élèves un véritable choix d'orientation.
- Nous reverrons le fonctionnement général des Zones d'Education Prioritaires en renforçant les moyens financiers, en diminuant le nombre d'élèves par classe, en formant spécialement les enseignants des ZEP, en leur offrant des perspectives d'évolution de carrière, en leur donnant les moyens de rester davantage dans les établissements (aménagement des locaux).
- Nous prendrons en compte la mixité sociale dans les dotations accordées aux écoles privées sous contrat. Nous supprimerons la participation financière obligatoire des communes pour les élèves scolarisés dans un établissement privé situé hors de la commune de résidence.
- Nous ferons en sorte que chaque lycée, ouvre à au moins 5% de ses élèves, la possibilité d'entrer dans les classes préparatoires aux grandes écoles ; et inversement nous implanterons des classes préparatoires aux grandes écoles dans les établissements sensibles.
- Nous veillerons à ce que la carte scolaire permette la mixité sociale.
B Préparer la vie professionnelle
150 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire sans qualification. Nul ne doit passer plusieurs années à l'Ecole ou à l'université pour en sortir sans diplôme ou sans métier.
Nous abolirons l'apprentissage à 14 ans et le travail de nuit à 15 ans.
Nous développerons l'apprentissage sous statut scolaire afin d'améliorer la formation générale de ces filières.
Nous organiserons au sein de l'Education nationale une voie des métiers, du CAP aux formations supérieures. Le but sera de rendre lisibles et fluides les parcours de qualification professionnelle, d'en élargir le recrutement et de créer les passerelles facilitant le passage entre les voies d'enseignement, les niveaux de formation et le monde de l'entreprise.
C Apprendre à chaque enfant l'étendue de ses droits et de ses devoirs
- Nous associerons efficacement les familles à la réussite de leur enfant, en développant les relations entre l'école et les parents. Nous supprimerons le " contrat de responsabilité parentale ", imposé par la droite, qui culpabilise les familles les plus défavorisées sans leur permettre de restaurer le lien d'autorité et de confiance avec leur enfant. Nous mettrons en place un dispositif d'information et d'aide aux parents et nous reviendrons à la législation antérieure qui donne au juge la possibilité de mise sous tutelle des allocations familiales.
- Nous amplifierons les moyens de lutte contre la violence à l'Ecole. Nous sanctionnerons les auteurs d'incivilités ou d'infractions de toute nature commises à l'Ecole. Nous devons combiner plusieurs formes d'action : l'application effective des règles, la mise en place de dispositifs pour lutter contre l'échec scolaire, une présence plus forte des adultes dans les établissements, l'aide aux parents, la généralisation des partenariats locaux avec les autres administrations, le tutorat, l'accroissement du nombre de " classes relais " et la construction d'internats scolaires.
D Améliorer le fonctionnement de l'Education nationale
Les personnels de l'Education nationale concourent, chacun à leur place, à la réussite scolaire. Les enseignants ont un rôle majeur dans la transmission du savoir et dans l'éducation des futurs citoyens. Les conditions de leur métier ont profondément changé. Il faut en tenir compte.
Nous proposons de créer une gestion des ressources humaines (accompagnement des enseignants en difficulté, formation continue, mobilité des carrières…) et de redéfinir les missions des enseignants afin de répondre aux attentes et aux besoins de la société.
- Nous proposons de revoir les conditions d'accès aux métiers d'enseignant en rétablissant le pré-recrutement, et en améliorant la formation initiale des enseignants (IUFM).
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Une présentation des propositions de Ségolène Royal
http://www.programme-presidentiel.com/2007/03/18/ecole-la-reussite-educative-voulue-par-segolene-royal/
18 03 2007
Le Pacte Présidentiel de Ségolène Royal, c'est à dire son programme, détaille les mesures envisagées par la candidate du Parti Socialiste en faveur de l'école. Mais avant de les détailler, regardons le constat qu'elle fait de l'éducation nationale ?
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Le constat: il y a beaucoup à faire
Dans la rubrique " ce que j'ai dit sur " du site Désirs d'avenir, on retrouve les différents constats et les remontées des débats participatifs : l'égalité des chances est un leurre et la ségrégation scolaire aggrave les ségrégations sociales et spatiales ", " la carte scolaire ne garantit plus la mixité sociale ", " les moyens mis pour les ZEP n'ont pas été la hauteur ", " il faut le libre choix d'une école pour tous les français et pas seulement les plus informés et privilégiés "…
De ce constat, Ségolène Royal tire deux conséquences : qui est capable de relever le défi et quelles sont les actions à mener.
Qui peut apporter les réponses ?
Sans surprise, Ségolène Royal estime que " la gauche est seule capable de remettre l'éducation au cœur de tout, de remettre l'école d'aplomb et de donner à chaque enfant le droit à la récompense de l'effort ". Et de faire à son parcours politique en disant que "A l'Enseignement scolaire, dans le gouvernement de Lionel Jospin, je me suis battue pour une école plus juste, contre les violences scolaires, pour l'accès gratuit à la pilule du lendemain et pour l'intégration des enfants handicapés".
Et elle rappelle son indépendance vis à vis du projet socialiste (qu'on a du mal à retrouver sur le site du PS) en indiquant qu'elle ne retiendra de ce dernier qu les perspectives exigeantes à ses yeux essentielles et qu'elle portera avec ses mots et ses convictions.
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Les propositions du Pacte Présidentiel
Ce Pacte a l'immense mérite de nous mener très rapidement vers le thème souhaité et de mettre en face les actions envisagées. Mais il a aussi le gros défaut de ne pas rentrer dans le détail des mesures, ce qui donne une vague impression de survol des sujets et de manque de fond.
Le diagnostic des débats participatifs n'ayant pas été suffisant, Ségolène Royal veut remettre une tournée et organiser des Etats Généraux des enseignants, sur le mode participatif, pour améliorer leurs conditions de travail dans l'école, assurer la pleine reconnaissance de leurs missions et préparer un plan pluriannuel de recrutement des enseignants, de formation et de résorption de l'emploi précaire. Des Etats Généraux donc même si on a l'impression que déjà, les mesures sont prévues.
La candidate souhaite également, tout comme le Parti Communiste (qui a piqué l'idée à l'autre ?), mettre en place un Service Public de la petite enfance et rendre la scolarisation obligatoire à 3 ans. On ne saura pas ce qui a motivé ces deux mesures mais bon, pourquoi pas ?
Sur le même mode que Nicolas Sarkozy qui veut généraliser l'étude entre 16h et 18h (pour notamment permettre aux parents de travailler et éviter que les enfants " traînent "), Ségolène Royal propose dans son programme d'organiser le soutien scolaire gratuit pour tous les élèves grâce à des répétiteurs.
La révision de la carte scolaire est également prévue, même si la proposition est redevenu très vague, " supprimer les ghettos scolaires, assurer la mixité sociale " par rapport à ce qu'elle avait proposé à l'époque du débat des primaires socialistes.
Au niveau de l'ordre (juste ?) dans les établissements, la candidate n'hésite pas à proposer la présence d'adultes dans les établissements et même dans les classes.
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Enfin, elle propose de " créer des emplois-parents, la généralisation d'écoles des parents et des consultations de médiation familiale pour les aider à conforter leur autorité " : on ne sait pas exactement ce que cela recouvre mais on retrouve une thématique également abordée par Nicolas Sarkozy dans son programme.
Qu'en penser ?
La lecture des propositions conforte le positionnement de Ségolène Royal, un subtil balancement entre mesures de rigueur et d'ordre juste et mesures plus sociales et éducatives. Malheureusement, les Etats Généraux proposés laissent planer un gros doute: ce qui est proposé est-il simplement destiné à alimenter le débat ou bien ces Etats Généraux vont-ils être l'occasion d'une remise à plat, d'un statu quo… Pour des élections présidentielles, il faut choisir: on propose ou on consulte mais on ne reste pas au milieu du gué en laissant à penser que tout ce qui est sur la table est modifiable, sujet à discussion ou négociation.
Dans un prochain article, les proposotions de Ségolène Royal en faveur des Universités.
François
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La lettre de Ségolène Royal aux enseignants

L'Etat sera demain le garant de la reconnaissance que vous attendez.

Madame, Mademoiselle, Monsieur,

Si je peux aujourd'hui m'adresser à vous, c'est à mes professeurs que je le dois, car c'est à l'école que j'ai été soutenue, encouragée, valorisée et que j'ai reçu le bagage qui m'a permis d'être une femme libre.

L'Etat sera demain le garant de la reconnaissance que vous attendez. Je m'adresse directement à vous toutes et à vous tous parce que l'école, qui forme les générations de demain, qui prépare l'avenir de la Nation, est concernée prioritairement par le choix de société que les Françaises et les Français exprimeront les 22 avril et 6 mai prochains.

L'éducation ! Tel est, pour moi, l'enjeu majeur de l'élection présidentielle. Avec moi, l'éducation sera au cœur de tout et en avant de tout.

Lever des malentendus, vous dire mes convictions, ma confiance et ma reconnaissance pour votre mission, vous faire connaître ma volonté, tel est l'objet de cette lettre.

La République s'est construite par et autour de son école, l'école gratuite, obligatoire et laïque. Je suis moi-même la fille de cette école. J'en assume l'héritage ; j'en revendique les valeurs ; je veux poursuivre son œuvre dans l'avenir.

Notre pays vit des crises profondes : crise économique et sociale ; crise politique et morale ; crise de l'esprit public. Je veux apporter des remèdes à ces crises. J'ai voulu écouter les Françaises et les Français. Ils m'ont exprimé leur révolte, leurs colères. Ils réclament des réponses claires aux urgences auxquelles j'entends répondre pour réussir ce changement que notre pays attend : l'urgence économique et sociale, l'urgence éducative et culturelle, l'urgence écologique, l'urgence démocratique.

Je veux remettre le pays debout. Mais j'ai besoin, pour réussir dans cette tâche, de tout votre soutien et de tout votre engagement. Rien de grand ne se fera sans vous. J'ai pour l'école de la France une immense ambition. Pour refonder la République, pour guérir nos blessures, pour reconquérir nos territoires perdus, j'ai besoin de vous, de votre dynamisme, de votre engagement.

Je sais que l'école concentre toutes les difficultés de notre société. Mais je sais aussi qu'il ne lui appartient pas de résoudre toutes ces difficultés. La société ne doit pas se défausser sur l'école de tous ses échecs ou de tous ses renoncements. C'est pourquoi, je l'ai dit, il faudra de nouvelles politiques territoriales, des aides aux parents, des moyens renforcés pour la justice, une priorité à l'emploi et au logement, la revitalisation du tissu associatif. Autour de l'école, de nouvelles politiques doivent aider l'école à assumer au mieux sa tâche, qui est d'instruction et d'éducation. Je m'y engage.

Mais si l'école ne doit et ne peut pas tout, son rôle est essentiel. Pour lutter contre le fléau du chômage, la montée des inégalités, la perte de l'esprit public, le retour des fondamentalismes et la marchandisation du savoir et de l'information, l'école est au premier rang du combat. C'est ce qui fait la dureté de votre tâche ; c'est ce qui fait aussi sa noblesse et sa vocation. Et si la France demeure l'une des premières Nations du monde, si elle a conservé son rayonnement et son attractivité, elle le doit en grande partie à son école, à la qualité et au dévouement de ceux qui la servent.

Depuis des années, l'école est attaquée : elle l'est dans ses moyens par des budgets insuffisants ; elle l'est dans ses missions par des ingérences pédagogiques inacceptables ; elle l'est dans son autorité et dans sa dignité par des procès d'intention et des mépris coupables. Cela doit cesser. Il faut donner à l'école de la République et à ceux qui la servent tous les moyens et toute la considération nécessaires pour lui permettre d'accomplir son œuvre nationale. Je m'y engage.

C'est pourquoi un plan pluriannuel de prérecrutement, de recrutement et de création d'emplois sera mis en place. Je l'accompagnerai d'un plan de résorption de l'emploi précaire. Je referai de l'école le premier budget de la Nation et je proposerai une loi de programmation pour garantir cette priorité. Je veillerai à ce que les métiers qui entourent et aident les enseignants et les élèves, autour de l'école comme dans l'école, soient à nouveau encouragés et soutenus. Nous avons besoin de personnels d'encadrement, d'infirmières, de psychologues, d'assistants sociaux, de conseillers d'orientation.

Dès la rentrée de septembre prochain, je rétablirai les postes d'enseignants qui ont été supprimés.

Je veux redonner la considération qu'ils méritent aux enseignants, en améliorant les possibilités de formation, les conditions de travail, les déroulements de carrière, les rémunérations. C'est un vaste chantier qui supposera une très large concertation avec vous et une réflexion partagée sur les missions du métier d'enseignant. Je sais que vous y êtes prêts. Je veux que la Nation soit présente à ce rendez-vous. C'est pourquoi j'ai proposé comme méthode le dialogue et la concertation avec vos représentants dans le cadre d'Etats généraux de l'éducation que j'ai décidé de tenir dès juin prochain avec vous ainsi qu'avec tous ceux qui partagent la préoccupation de la justice et de l'excellence pour tous. Il ne s'agit pas de préparer une nouvelle réforme, mais de faire en sorte que notre éducation fonctionne mieux. C'est dans ce cadre que je proposerai la mise en œuvre d'un soutien scolaire individuel gratuit pour les élèves. Les enseignants qui souhaiteront l'assurer seront évidemment rémunérés.

Dans la fidélité à nos valeurs, je veux bâtir avec vous l'école du XXIème siècle, celle de la réussite pour tous vos élèves. La difficulté de votre tâche, je la connais ; j'en sais aussi la grandeur, et je sais la fierté que vous avez d'exercer votre mission.

Mon Pacte présidentiel place l'école en son cœur. Lorsqu'il faut vaincre les fatalités, les pesanteurs, les peurs, les égoïsmes, alors nous retournons toujours aux mêmes sources. Nous avons besoin des lumières du savoir contre l'obscurantisme, de l'égalité contre les privilèges, de la laïcité contre les fanatismes et les intolérances, de la gratuité et du service public contre la marchandisation de l'éducation.

Mon engagement politique s'est construit dans ma reconnaissance à l'égard de l'école. Je lui demeure fidèle. J'ai confiance en vous. Vous pouvez avoir confiance en moi.

Veuillez agréer, Madame, Mademoiselle, Monsieur, l'expression de mes sentiments les meilleurs.
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[28/10/06]
Education : l'approche par le temps de travail ne règle aucun des vrais problèmes

Ségolène Royal répond aux questions des militants dans l'Hebdo des socialistes, 28 octobre 2006

Question : En matière d'éducation, le gouvernement Villepin a décidé de s'attaquer à la question du temps de travail des enseignants : quelles mesures envisages-tu en la matière ? Que faut-il changer d'autre dans les conditions de travail des enseignants ?

Enseigner est un métier difficile : transmettre les savoirs, stimuler l'ouverture intellectuelle et l'esprit critique, établir à la fois des rapports d'autorité et de confiance, affronter dans certains établissements la violence sociale. Les enseignants méritent notre respect et notre soutien. Je n'accepterai jamais l'approche de la droite qui fait des enseignants, voire des fonctionnaires en général, les boucs émissaires du mal-être social.

Notre pays a besoin d'un système éducatif efficace, d'où les enfants sortent avec une formation, et d'une école où l'on puisse enseigner dans le calme et le respect mutuel. Je ne pense pas que le temps de travail des enseignants constitue le point de départ de la réflexion sur l'école.

D'abord parce que la répartition de ce temps (présence devant les élèves, préparation, correction de copies…) est extrêmement variable en fonction des niveaux d'enseignement.

Ensuite, parce que l'approche par le temps de travail ne règle aucun des vrais problèmes. C'est par les conditions de travail des enseignants et des élèves qu'il faut commencer, pour retrouver l'envie d'enseigner et l'envie d'apprendre. Il faudra, comme je l'ai dit à plusieurs reprises, renforcer la présence adulte dans les établissements et, si nécessaire dans certaines classes, veiller à la constitution d'équipes pédagogiques soudées.

Il faudra surtout rétablir les crédits pédagogiques que les budgets de la droite n'ont cessé de rogner : il ne sert à rien d'enjoindre aux enseignants de mettre en place des projets pédagogiques nouveaux si on ne leur en donne pas les moyens financiers. Le projet socialiste propose une série de mesures pour atteindre ce qui est à mes yeux l'objectif n°1 : remettre l'éducation au coeur du changement que nous voulons pour la France
L'invité
Vendredi 06 avril 2007
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Ségolène Royal : " Je veux instaurer l'obligation scolaire dès trois ans "
Pour Ségolène Royal, l'école peut servir à bâtir une société plus juste et plus solidaire. La candidate socialiste veut également agir très en amont pour ne pas laisser s'installer la spirale de l'échec.
Quelle doit être la place de l'Ecole dans la société française du XXIème siècle ?

Pour moi, l'Ecole est la pierre angulaire de la cohésion sociale. C'est sur elle que repose l'avenir des jeunes et donc de notre pays. Elle est d'abord le lieu où se transmettent les connaissances et les savoirs. Or la maîtrise des acquis fondamentaux détermine largement le futur des jeunes qui, on le sait désormais, ne connaîtront pas tous une trajectoire professionnelle linéaire. C'est pourquoi, " aller à l'Ecole " est une chance. Chaque enfant doit y trouver le soutien nécessaire pour se hisser au plus haut de ses capacités. L'Ecole doit être aussi le lieu où tous les enfants, quelles que soient leurs origines, apprennent à vivre ensemble et à aller vers les autres, à se respecter dans la différence. C'est dans cet esprit que " la mixité " doit y être préservée et défendue. C'est en offrant à chacun un espace, un temps pour se construire, s'ouvrir et s'enrichir au contact de l'autre, que nous pouvons bâtir une société plus juste et plus solidaire. L'Ecole doit être garante d'une véritable égalité des chances et nous devons éviter son morcellement en petits " territoires étanches ", réserves dorées pour les uns, ghettos pour les autres. Ce n'est qu'en restaurant, pour tous et partout, les conditions de l'excellence scolaire que l'Ecole de la République tiendra sa promesse d'émancipation et de formation de chacun.

Comment rétablir l'égalité des élèves devant le savoir ?

Il faudra agir sur plusieurs fronts. Il revient notamment au service public d'assurer un soutien scolaire gratuit aux élèves qui en ont besoin et de favoriser l'accompagnement individualisé lorsqu'il est nécessaire. Les " répétiteurs " que je souhaite instituer pour assurer le suivi des élèves après la classe, seront chargés de ces missions. Il convient également d'améliorer les conditions de travail au sein des établissements qui cumulent les difficultés, notamment en abaissant la taille des classes à 17 élèves en CP et en CE1 pour les élèves des ZEP, par exemple. Mais surtout, il faudra éviter une trop forte concentration des handicaps par une politique volontariste visant à promouvoir la mixité sociale. L'offre d'excellence devra être mieux répartie sur le territoire. De plus, je souhaite que les équipes éducatives puissent concentrer leur énergie sur la réussite de leurs élèves et je veux pour cela les rassurer sur la question des moyens. Je propose à cet effet une loi de programmation quinquennale et le rétablissement des postes supprimés par la droite.

Comment prendre en charge les élèves en grande difficulté ?

Toutes les études le montrent : il est nécessaire d'agir très en amont pour ne pas laisser s'installer la spirale de l'échec. C'est pourquoi je souhaite combattre la première des inégalités, celle de la maîtrise du langage, et instaurer à cette fin l'obligation scolaire dès trois ans. Par ailleurs, je créerai des postes de " répétiteurs " qui viendront épauler les élèves dès les premiers signes de décrochage. Il faut également favoriser l'innovation pédagogique. Je veux redonner aux enseignants la liberté et l'envie d'expérimenter dans le domaine de la lutte contre l'échec scolaire. Les moyens des RASED et de la MGI doivent être rétablis.

Quelles sont vos propositions en matière de formation et de recrutement des enseignants ?

Aujourd'hui, la voie royale du recrutement est le concours, principe fondamental du statut général de la fonction publique sur lequel il ne s'agit pas de revenir. Toutefois, le concours doit déboucher sur une formation et un enseignement d'application. L'enseignant a besoin d'éprouver sa pratique et ses méthodes de transmission dans des situations diverses. Je souhaiterais ainsi que tous les enseignants, pendant leur année de stage, puisse être amenés, au moins une fois, à partager l'expérience de collègues aguerris en zone d'éducation prioritaire. Il convient, à cet égard, de veiller à ce que les missions d'éducation prioritaire ne soient pas uniquement confiées aux enseignants qui débutent dans la carrière.

Quelles réformes préconisez-vous pour l'Université ?

Plus de 150 000 jeunes sortent du système éducatif sans aucune qualification. Si l'exigence d'assurer à tous la maîtrise des savoirs fondamentaux vaut pour l'Ecole, celle d'assurer une formation qualifiante vaut pour l'université. Il faut d'abord lui en donner les moyens par un investissement massif. C'est pourquoi je propose dans mon Pacte présidentiel une loi de programmation pour redonner à nos universités les moyens de l'excellence : en 5 ans, les crédits pour les universités par étudiant seront portés au même niveau que la moyenne des pays de l'OCDE. Pour assumer pleinement ses responsabilités, pouvoir répondre à ses obligations cardinales dans une société de la connaissance, l'université doit être plus forte. Il faudra ainsi veiller à renforcer l'autonomie des universités dans le cadre national mais aussi encourager leur regroupement, avec l'appui des régions. Des pôles d'excellence universitaire doivent émerger sur tous les territoires, d'une taille comparable à celle des grandes universités du monde.

Propos recueillis par Stéphane Hérès
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Soutien au SNES
Mardi 20 mars
Communiqué de presse du parti socialiste
LE PARTI SOCIALISTE SOUTIENT LA GREVE DES ENSEIGNANTS

Le Parti socialiste soutient les revendications exprimées par les très nombreux enseignants en grève ce jour. Il redemande le retrait immédiat des décrets de Robien qui suppriment, de façon unilatérale, les décharges horaires des enseignants et dégradent gravement leurs conditions de travail.
Le Parti socialiste condamne fermement la suppression de 5000 postes pour la rentrée 2007. Celle-ci fait suite à 5 années de coupes budgétaires massives et de suppressions d'emplois dans l'Education nationale.
Comme s'y est engagée sa candidate, Ségolène Royal, dès son retour aux responsabilités, la gauche rétablira les moyens supprimés par la droite et abrogera les mesures prises hors de toute concertation. Elle instaurera des Etats généraux de la réussite éducative afin que cessent les décisions brutales qui nuisent gravement à l'Ecole. Cette discussion associant l'ensemble des acteurs du système éducatif aura pour but de redéfinir les missions de l'Ecole et d'en améliorer le fonctionnement au quotidien dans le respect des rôles et des compétences de chacun.
L'Education a toujours été et reste la priorité des socialistes qui refusent le mépris et la mutilation dont l'Ecole publique a toujours fait l'objet de la part de la droite. À ce titre, le Parti socialiste dénonce le cynisme du candidat UMP Nicolas Sarkozy, numéro 2 du gouvernement actuel, et François Bayrou, président et candidat du parti de l'actuel Ministre de l'Education nationale, qui se sont tous deux engagés à abroger le décret " de Robien ".
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Reponses au SGEN CFDT
Ségolène Royal
Quelle est votre opinion sur les Zep, l'apprentissage junior, la note de vie scolaire, la carte scolaire ?

Les établissements situés en zone d'éducation prioritaire bénéficieront de moyens nettement plus importants qu'actuellement, de l'ordre de 25 % de plus que la dotation ordinaire. Toujours dans les Zep, les effectifs des classes de CP et CE1 seront limités à dix-sept élèves par classe. Chaque établissement sera doté d'une infirmière et d'une assistante sociale à temps plein.
Mon objectif est de diversifier et d'enrichir l'offre de formation dans les écoles et les établissements situés dans les quartiers populaires et en zone rurale isolée avec la création, dans tous les établissements, ou groupes d'établissements concernés, de pôles d'excellence. La carte scolaire sera reformée pour supprimer les ghettos scolaires et donner le choix entre deux établissements car une mixité sociale effective est un facteur d'équilibre et fait progresser l'ensemble des élèves.
Ségolène Royal
Il n'y a aucune culture de la négociation à l'Éducation nationale. Quel est votre point de vue ?
Parce que je souhaite que mes orientations soient débattues et aboutissent à un projet partagé, j'engagerai très rapidement, si je suis élue, une concertation globale avec les différents acteurs du système éducatif.
Cette concertation sera conduite à l'occasion d'états généraux organisés sur le mode participatif, qui auront pour objectif l'amélioration des conditions de travail des enseignants et la réussite des élèves.
Ségolène Royal
Quelle politique comptez-vous mener en matière de recherche publique ?
La société de la connaissance que je souhaite devra s'appuyer sur une politique de recherche publique ambitieuse.
Nos universités et nos laboratoires sont soumis à la disette budgétaire. Les moyens de la recherche seront augmentés de 10 % par an, et la dépense par étudiant portée au niveau de la moyenne de l'OCDE. Cet engagement sera inscrit dans une loi de programmation et d'orientation. Il représentera un effort sans précédent.
Ségolène Royal
L'investissement des personnels a été et demeure très important pour conduire tous les jeunes à la réussite scolaire. Pour autant, 150000 jeunes quittent chaque année le système scolaire sans qualification ou diplôme.
Quelles mesures comptez-vous prendre dans l'intérêt des jeunes ?
Je veux construire une société de la connaissance où le savoir vaut plus que l'apparence, une société de l'intelligence où l'esprit de service public domine l'intérêt mercantile.
Malgré les efforts des personnels, nos écoles et nos établissements rencontrent de plus en plus de difficultés à assurer leurs missions au sein d'une société marquée par la montée des inégalités, des incivilités et de la violence, marquée également par la destructuration des familles. La politique conduite depuis cinq ans a opéré des coupes sombres dans les budgets et les emplois alors que 150 000 élèves sortent chaque année du système éducatif sans qualification reconnue.
Je m'engage à rétablir les moyens supprimés pour que notre École puisse donner la meilleure formation possible à tous les élèves. Mon objectif est de promouvoir la réussite de tous. Parce que je crois que c'est dès le plus jeune âge que la réussite prend sa source, je souhaite créer un service public de la petite enfance et rendre obligatoire la scolarisation dès l'âge de trois ans. Tout au long de la scolarité jusqu'au collège, je propose que soit mis en place un soutien scolaire gratuit pour tous les élèves.
J'attache également beaucoup d'importance à l'orientation des élèves. C'est pourquoi j'ai proposé que les dispositifs existants soient regroupés dans un grand service public d'orientation. Je souhaite que tous les élèves puissent trouver leur voie et obtenir un diplôme qui les préparera à entrer dans la vie professionnelle. L'école doit encore mieux diversifier les chemins qui mènent à la connaissance pour pouvoir offrir à tous une culture commune. Mais si l'enseignement professionnel doit être valorisé, le pacte de la réussite éducative que je souhaite pour tous exclut que la vie d'un adolescent soit déterminée à 14 ans. L'apprentissage junior à 14 ans, comme le travail de nuit à 15 ans, seront donc supprimés.
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