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NOTES DE LECTURE
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Michel
FIZE, Rachel BOUTONNET, Journal d’une institutrice clandestine, Ramsay, 2003. Public-privé,
quelles différences ? J.-J. Julaud, L’histoire de France pour les nuls, First Éditions 2004. Jean-Daniel NORDMANN, Philippe MEIRIEU, V.TROGER et J.-C. RUANO-BORBALAN, Histoire du système éducatif, Que sais-je ? n°3729, PUF, avril 2005. YANNIK
BONNET, |
Michel FIZE, Les pièges de la mixité scolaire, Presses de la renaissance, 2003. Plusieurs causes étant à l’origine de la crise scolaire, Michel Fize a décidé d’en étudier l’un des aspects mais pas forcément le plus significatif : la mixité. Dans une analyse historique, il rappelle que le mélange des garçons et des filles au sein d’une même classe ne date pas d’hier et ce pour des raisons d’organisation. Il n'a été cependant légitimé que dans les années 60, à tous les niveaux scolaires (des classes maternelles aux études secondaires). La mixité légalisée est-elle réussie pour autant ? Cette mixité voulue devait résoudre de nombreux problèmes : apprendre à vivre ensemble, entraînement pour les filles à la concurrence du milieu professionnel, éviter un "fantasme" sur le sexe opposé, obtenir une discipline plus facilement pour les enseignants… Mais le constat est là : les filles réussissent mieux leurs études que les garçons (grâce à une plus grande maturité) alors que les garçons sont de plus en plus violents (afin d'affirmer leur virilité). Devant cette constatation, certains pensent qu’il faut revenir à des classes unisexes pour mieux respecter la psychologie de chacun. Loin de cette idée, la majorité des enseignants comme des étudiants refusent un retour en arrière. Partageant cette opinion, l’auteur précise que la mixité doit être surtout aménagée. En effet, elle ne veut pas dire une égalité parfaite entre les filles et les garçons, une universalisation du modèle masculin, mais plus un respect mutuel, une coexistence pacifique. Pour cela l’auteur propose que la mixité soit repensée en séparant les enfants pour certains cours (comme cela se fait déjà à l’étranger) en sciences, sport…, en faisant en sorte que le corps professoral soit lui aussi une juste représentation de la société et non pas majoritairement composé de femmes, en contrôlant le dérapage sexiste des manuels scolaires, en étudiant la mixité en formation initiale des futurs enseignants. Rachel BOUTONNET, Journal d’une institutrice clandestine, Ramsay, 2003. Arrivée directement en deuxième année d’IUFM, c'est-à-dire sans passer par l’année préparatoire au concours, Rachel Boutonnet s’aperçoit très rapidement qu’elle ne peut pas exprimer librement ses idées sur la pédagogie. Une querelle muette, sous peine, de ne pas être titularisée s’engage entre elle et les formateurs. Pour garder une certaine idée d’elle-même, elle se décide dès les premiers jours à tenir son journal quotidien reprenant les « inepties » des formateurs, les souffrances des étudiants à se conformer aux mieux aux attentes de l’IUFM, décrivant les séances qu’elle est obligée de faire lors de ses stages alors que ça ne correspond ni à ce qu’elle veut faire passer ni à l’intérêt des élèves, les fiches de préparation à rédiger exigeant beaucoup de temps de réalisation et bien peu d’utilité pour le professeur… Bref, le jeu qu’elle a joué pour se faire « bien voir » tout en affirmant ses idées. Avec un récit facile à lire et égrainé de multiples exemples concrets, l’auteur nous fait vivre son année d’IUFM, avec ses souffrances physiques et morales. Elle regrette que les professeurs passent davantage de temps à expliquer la manière de faire passer un enseignement que de revoir les contenus de ce qu’ils doivent enseigner. Or il est impossible de bien faire son métier sans maîtriser ce dernier, le discours des formateurs à toujours critiquer les « anciens » et leurs pédagogies alors que la pédagogie actuelle est loin d’avoir prouvé son efficacité. Dans une seconde partie, Rachel reprend quelques idées qu’elle a essayé vainement de combattre à l’IUFM, et nous montre leur non fondement dans une classe. Nommée en CP puis en CE1, l’auteur se lance dans une pédagogie entièrement décriée à l’IUFM (cours magistraux, lecture syllabique, non émergence des représentations des élèves pour certains travaux, travail de groupe….), le tout d’une façon secrète en évitant d’en parler avec ses collègues. Si les inspecteurs sont attristés de voir qu’une jeune enseignante soit si éloignée de la pédagogie actuelle, elle se console en voyant ses élèves contents d’apprendre, connaissant des réussites qu’ils n’avaient jamais eues auparavant, en observant une complicité saine avec les parents. Public-privé, quelles différences ? Éducation & formations – n° 69 – juillet 2004 Le numéro de juillet de la revue Éducation & formations, publiée par la direction de l’évaluation et de la prospective du ministère de l’éducation traite des points suivants : - Que sait-on de la
différence entre le public et le privé ? Ces articles sont en grande partie des commentaires de tableaux statistiques plutôt arides mais suggèrent quelques réflexions sur les différences entre les deux écoles. Nous avons essentiellement retenu les informations du premier article, qui permet de présenter quelques chiffres significatifs sur l’enseignement privé sous contrat qui est à 95% catholique, selon le Secrétariat général de l‘enseignement catholique. La proportion d’élèves scolarisés dans le privé est dans la moyenne européenne avec 16,6 % d’élèves (15% dans l’Union européenne). Sur les douze millions d’élèves de l’enseignement scolaire, un sur six est accueilli dans un établissement privé. Dans l’enseignement supérieur, sur les deux millions d’étudiants, un sur sept est inscrit dans un établissement privé, et un élève sur trois dans les sections de techniciens supérieurs. La proportion d’élèves scolarisés dans le privé augmente lorsque rentre en considération les allers et retours du Public au Privé : 38% des élèves sont passés par l’enseignement privé. Nous pouvons noter que l’école privée est souvent perçue comme un complément nécessaire voire un palliatif à l’école publique. En effet, nous retenons que ce qui conduit les parents à choisir l’école privée n’est pas le caractère catholique des établissements. Selon une enquête de 1993 portant sur le choix du Public ou du Privé, le motif idéologique (religieux ou attachement à laïcité) est le moins cité. 83% des parents ont inscrit leur enfant dans l’établissement scolaire de leur secteur parce qu’il était le plus près et n’ont pas cherché un autre. Dans les parents qui ont fait un choix, les enseignants et les professions indépendantes sont sur-représentés. Cependant, la possibilité de choisir peut concerner toutes les catégories sociales, en fonction du type d’établissement. Depuis quelques années, on distingue trois grandes catégories d’établissements privés. Tout d’abord les établissements d’excellence réputés pour la qualité de leur enseignement : ils sont souvent anciens, en centre ville et pratiquent une forte sélection. Ensuite apparaissent les établissements directement en concurrence avec le Public : ce qui est mis en avant pour recruter est le suivi des élèves, des filières spécifiques, un internat ou encore la dimension religieuse. Le dernier type d’établissement est qualifié d’établissement de rattrapage ou de réadaptation pour les élèves en difficulté : l’encadrement et la discipline plus marqués, l’expérimentation pédagogique, une place plus importante accordée à l’épanouissement de l’élève constituent les arguments pour attirer les familles. L’étude apporte ensuite des éléments de différenciation. En premier lieu, le chef d’établissement recrute les enseignants ce qui peut garantir la cohésion de l’équipe pédagogique mais il n’existe pas d’étude pour en mesurer l’impact. La différence dans les structures est aussi relevée : les classes sont plus chargées en collège (25 élèves par classe dans le Privé contre 23 élèves dans le Public) qu’en lycée général (24 contre 27) ou professionnels (18 contre 20). Les résultats scolaires sont en faveur du privé et c’est ce qui peut inciter les familles à quitter le Public : 58 % des élèves ayant effectué l’ensemble de leur scolarité primaire dans le privé acquièrent un niveau de compétences à l’entrée en sixième supérieur à la moyenne, contre 50 % des élèves fidèles au public ; 70 % des élèves ayant effectué l’ensemble de leur scolarité secondaire dans le privé obtiennent un baccalauréat général et technologique contre 59 % des élèves du public. Ces résultats s’expliquent partiellement par une forte proportion d’élèves issus de milieux favorisés dans le Privé. Alors que 27 % des collégiens et lycéens sont boursiers dans le Public, ils ne sont que 13 % dans le Privé. Nous pouvant cependant nous demander si les bourses sont attribuées sur des critères uniformes. Un dernier chiffre mérite d’être relevé : les établissements hors-contrat ne représentent que 0,3 % des élèves scolarisés à la rentrée 2002 (36 000 élèves environ). Malgré le « caractère propre » défini par la loi Debré de 1959 et le « caractère missionnaire » des établissements défini par le nouveau statut de 1992, il est rappelé que le mode d’organisation des deux types d’établissements s’est fortement rapproché depuis les débuts de la « querelle scolaire » : programmes identiques, même formation des enseignants, etc. Les élèves qui bénéficient d’un enseignement dégagé des contraintes de l’État sont donc très minoritaires. Nous pouvons alors remarquer que le projet de constituer un grand service public unifié (et laïque) de l’éducation semble avoir abouti.
J.-J. Julaud, L’histoire de France pour les nuls, First Éditions 2004 Ils sont tous là, du Guesclin, Fouquet, Charlemagne à sa barbe fleurie et Saint Louis rend la justice sous son chêne, Frédégonde poursuit Brunehaut de sa haine. En 700 pages et pour 22 euros Jean-Joseph Julaud
rassemble toute l'histoire "bataille" que les papes de
l'histoire sociale avaient jeté aux oubliettes. L'auteur, ancien
professeur d'histoire, fait une histoire chronologique où les différents
siècles ont chacun leur part. Le récit se fait plus détaillé, de
l'heure ou du temps qu'il faisait, dans les grands événements, alors
que le récit se fait rapide pour l'antiquité, après la révolution et
pour l'époque contemporaine. Le récit de la Fronde présente les nobles de robe puis d'épée qui s'opposent aux progrès de l'absolutisme. Les histoires du cœur rejoignent l'histoire de France quand reine régente Anne d'Autriche avoue à une amie aimer tendrement Mazarin sans que ses sens y aient de part. Les circonstances retrouvent leur part dans les événement. L'arrestation d'un parlementaire ennemi de tout luxe, les souvenirs de Louis XIV enfant fuyant à Saint Germain, par grand gel, ses domestiques dormant sur la paille auprès de lui. Ambiances, atmosphères, perceptions et psychologies font partie des moteurs de l'histoire. Pendant la procession d'ouverture des États Généraux les députés du Tiers État refoulés au fond de l'église Notre Dame de Versailles, l'ovation pour Louis XVI et le silence hostile pour Marie Antoinette, Maximilien de Robespierre qui y participe avec son "contrat social" et son peuple idéalisé dans la poche. Si l'auteur n'hésite pas a accepter certaines des anecdotes classiques, il en refuse d'autres, les moustaches de la princesse de Lamballe ne sont pas là, le carnet ou Louis XVI note rien le jour de la prise de la Bastille est bien un carnet de chasse. L'esprit critique ne manque pas à l'auteur, il fait l'archéologie de la chanson ça ira, la statistique des origines sociales des guillotinés qui fait voir ce qu'était un aristocrate pour les révolutionnaires. Ce qu'on pourrait lui reprocher est de ne jamais parler de ses sources ni donner de bibliographie pour aller plus loin. Peu indulgent pour la révolution, le désordre et la division nationale Jean-Joseph Julaud n'a pas de sympathie particulière pour l'Église, mais son œuvre, en faisant de l'histoire à partir de la vie des personnes humaines fait une œuvre salutaire. Vraiment très accessible ce livre sera le réservoir secret dont pourront se servir de nombreux professeurs en quête d'une histoire qui ait une âme et qui perle des amours, de la chair et du sang des hommes. Jean-Daniel NORDMANN, Refonder l'école catholique, Ad Solem, 2004. Refonder l'école catholique, c'est retourner (parfois douloureusement) à l'essentiel. C'est, sans négliger les "moyens" qui sont abordés plus loin dans l'ouvrage, se pencher en premier et avant tout sur les fins. Et les fins pour un chrétien sont eschatologiques. Ainsi "le plaidoyer pour la finalité est un plaidoyer pour l'âme" et "l'objectif ultime de toute vie humaine est double : aller au Ciel et y entraîner le plus de monde possible". Donc "comment enseigner aux enfants à devenir des hommes sans négliger leur vocation à la divinisation ?". L'auteur va en premier lieu examiner l'éducation à la lumière du mystère de l'incarnation, celui-ci devient "le mystère-clé de l'éducation chrétienne pour laquelle tous les savoirs transmis sont habités par une Parole qui les éclaire". Comme le dit d'une autre façon Marguerite Léna "l'éducation est une première récapitulation en Christ, à l'échelle d'une personne singulière, de toutes les virtualités de l'humain". Cela passe par une "transfiguration de la culture" : "la culture n'est pas une fin en soi. La culture s'accomplit dans le culte, dans la louange", comme le travail d'ailleurs, ce qui l'empêche d'avoir un caractère idolâtre (et refermé sur soi). Ainsi "l'école catholique devrait être ce lieu où, sans confusion ni séparation, Dieu est présent au coeur même des activités les plus humaines et les plus banales : c'est un chemin spécifique de sanctification". Et ceci selon quelles voies, autrement dit quelle pédagogie ? Et bien tout simplement celle qu'enseigne traditionnellement l'Eglise : la pédagogie du réel. Comme ce conseil paraît essentiel ! "Il faut d'urgence rendre obligatoire, en première année de pédagogie, un cours de philosophie portant sur les théories de la connaissance...". C'est alors tout naturellement que peut se faire le choix des méthodes d'enseignement en dehors des modes qui sévissent. En conclusion "éduquer est une tâche jamais achevée" mais "pour l'enseignant chrétien, les vertus dites théologales sont autant d'armes spirituelles lui permettant de faire face à la difficulté de sa tâche". Ces principes une fois posés, il faut passer à leur mise en oeuvre à travers la rédaction du projet éducatif, les procédures d'admission des élèves, l'élaboration des programmes, l'enseignement religieux, l'exercice de l'autorité et celle de la subsidiarité, la définition de la sanction éducative, la question des notes, l'éducation sexuelle ... C'est la mission du Directeur qui doit être claire et la démarche des professeurs qui doit reposer sur des critères précis. L'auteur rentre parfois dans les détails mais sans jamais oublier que : "il n'y a pas d'autre chemin de réussite que l'attention au mystère de la personne." Cette école catholique doit pouvoir s'insérer dans le paysage de la Cité. C'est véritablement une "liberté à inventer" qui fait l'objet d'un chapitre éclairant avant que l'auteur ne conclue sur une note d'espérance moyennant "un certain nombre de conversions..." Alors "le véritable éducateur trouvera sa joie et son salut dans la joie et le salut des enfants qui lui sont confiés, et qu'il servira jusqu'à ce que le Christ soit formé en eux." (Gal. 4, 19). Philippe MEIRIEU, Lettre à un jeune professeur, ESF éditeur, Paris 2005. Résumé du livre Enseignant du primaire, du secondaire et d’université, nous choisissons notre métier par « vocation » et pourtant nous sommes conscients que nous n’atteindrons pas les objectifs que nous nous sommes fixés. Mais qu’est-ce qui nous fait tenir ? L’événement pédagogique, c'est-à-dire quand l’élève qui progresse, apprend alors que plus personne n’y croit, l’élève qui préfère poursuivre le dialogue plutôt que d’aller en recréation. Cet événement, est malheureusement caché lors des formations et étouffé par les problèmes administratifs. Le professeur du primaire comme du secondaire doit être aussi exigeant sur le contenu que sur la pédagogie, malgré l’image contraire que l’on peut s’en faire. A tous niveaux, l’élève doit dépasser son savoir et ne pas être en position de maternage permanent, bien que le métier de professeur soit de donner des conseils afin qu’il ne soit pas noyé alors qu’il se jette dans un nouvel apprentissage. Nous avons l’impression de ne servir à rien !!! Quelle ingratitude recevons nous de la part des élèves. Et pourtant nous devons notre métier bien souvent à un enseignant qui nous a marqué (même si nous ne l’avons pas reconnu publiquement) et qui nous a permis de travailler autrement, d’entrer en relation. Nous avons donc pour mission de faire vivre à d’autre la joie de nos propres découvertes, afin de nous montrer digne de celui qui nous a enseigné. On nous critique, en nous disant que nous rabaissons le savoir quand nous prenons appui sur les centres d’intérêt des élèves. Mais n’est-ce pas plutôt une preuve de notre compétence à prendre les enfants là où ils en sont ? Les gestionnaires agacent les enseignants qui les trouvent à mille lieux de leurs préoccupations (vivement que chacun d’entre eux, gardent un pied dans une classe !). Mais il faut leur reconnaître que, comme nous, ils cherchent à correspondre aux idéaux de la République. Notre projet éducatif, de faire grandir, ne fait pas bon ménage avec les pressions sociales qui pèsent sur l’école, d’où l’aberration de l’évaluation faite actuellement (qui est basée sur un conditionnement) fort réductrice, par rapport à notre mission. La discipline. Vaste sujet brûlant dû au zapping habituel des enfants devant la TV qui rêvent de faire de même avec l’école. Pour y remédier, à nous de soigner l’environnement de notre enseignement, d’expliquer fermement les consignes et de ne pas hésiter à donner à chacun un rôle dans une pédagogie du projet. Nous sommes, tous, des professeurs d’École car nous avons pour mission de faire entrer l’enfant dans la société. Bien que nous rêvions d’une manière utopique d’une société faite pour l’école et non d’une école faite pour la société. L’école doit permettre aux élèves de comprendre que la famille n’est pas le seul « véhiculeur » des savoirs, pas plus que le professeur. L’enfant doit apprendre la recherche de la Vérité, par lui-même. L’enseignant est donc bien cet accompagnateur à la liberté qui permet à l’enfant de penser par lui-même, tout en sachant s’associer à d’autres. Etre professeur c’est investir dans l’avenir. Meirieu, en s’adressant aux jeunes professeurs, veut leur redire d’avoir confiance en eux et en leur mission première même si elle n’est pas appréciée, par les élèves, leurs parents, la société et parfois même par les institutions scolaires mêmes. La critique Que PH. Meirieu, qui a passé le meilleur de sa vie à dynamiter l'image traditionnelle du professeur pour en faire un espèce d'animateur socioculturel , ait le front d'adresser cette lettre aux jeunes professeurs pour les encourager... passe les bornes de l'hypocrisie ! C'est le pyromane qui réconforte les pompiers ! Si les professeurs n'ont plus confiance en eux, n'est-ce pas à cause d'une idéologie qui a brouillé leur image ? Meirieu et ses disciples ont commencé par les discréditer en les accusant d'être de simples relais de la culture bourgeoise, pourvoyeurs des industries capitalistes esclavagistes, reproducteurs de hiérarchies sociales figées et injustes. Transmettant un savoir douteux, s'appuyant sur une discipline héritée des temps paternalistes sinon fascistes, ne devait-ils pas s'effacer devant "l'apprenant" paré de toutes les vertus et dont l'intelligence ne demandait qu'à s'épanouir au grand vent de l'histoire progressiste ? Nulle autocritique dans ce livre mais un serein "allez- y les petits gars" dans le chaos d'un champ de ruine, par l'auteur du désastre ! V.TROGER et J.-C. RUANO-BORBALAN, Histoire du système éducatif, Que sais-je ? n°3729, PUF, avril 2005. En sept chapitres thématiques, ce petit livre présente « le processus qui a abouti à confier à une seule institution spécialisée l’éducation, hors du contrôle direct des familles ». En partant du système antique et de ses survivances actuelles, les auteurs montrent le rôle croissant de l’État dans l’éducation : il s’agit de former les cadres dont la société a besoin. Le système scolaire leur semble figé depuis le XVIe siècle dans la relation maître élèves au sein d’une classe et la volonté des enseignants de ne pas être dépossédés de leur rôle de transmissions des savoirs. Ils expliquent ainsi l’échec des pédagogies nouvelles ou autres nouveautés techniques : « les innovations qui facilitent le travail magistral traditionnel sont facilement acceptées, celles qui le remettent en cause sont plutôt refusées ». Malgré ce parti pris, cette étude permet de connaître les grandes évolutions du système éducatif. Cette connaissance est nécessaire à toute réflexion sur les réformes à entreprendre.
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