Litteratura
dissoluta
La
rumeur publique en transmet la nouvelle, la littérature aurait
disparu des classes, le Cid n’existe plus et Phèdre est morte pour
rien. Où sont les coupables de ce rapt ? Le pédagogisme qui
voudrait n’enseigner que des processus, des techniques littéraires,
des discours ? Peut être. Une émission de France Culture diffusée
ce samedi 25 novembre et le dimanche 26 de 20h à 20h30 va plus loin.
L’enseignement universitaire de la littérature a été pris dans la
grande vague de déconstruction et de méfiance des années 70, au
point de voir de la propangande dans les avertissements de la mère de
la Princesse de Clèves à sa fille et d’enseigner systématiquement
la méfiance envers le discours des adultes.
La
mort des classiques passe aussi par une critique radicale de la beauté,
de l’admiration et de la recherche du « bien dire », la
littérature est devenue scientifique, sérieuse, constructiviste et
sociologique. Les textes sont toujours là, mais découpés,
saucissonnés et enserrés dans une multitude de questions arides.
Le mouvement de la société rend plus difficile un retour à
l’innocence au moment ou les enfants de la génération 68 arrivent
dans l’enseignement. Le temps de l’ennui et de la contemplation
s’est réduit devant les distraction. Le travail a disparu, face à
la multiplicité des loisirs, écrasé entre la quête du plaisir et
du divertissement et l’effort vécu comme une contrainte habitée
par des phénomènes de manque.
Il ne s’agit pourtant pas ici d’une émission qui cède à la
complaisance de la nostalgie, Hélène Marlin Kajmann soutient un
renouveau des programmes autour des œuvres, celles des grands
anciens, mais aussi de grands succès du siècle passé tels que le
livre de la Jungle, à la fois agréables à lire et irrigués de
toute une culture littéraire et humaine.