Révolution
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Inspirations de la révolution
Une pensée du contrôle social, faire naître les idées nécessaires au gouvernement, utiliser la religion pour contrôler les consciences, avoir une police omnisciente
Chute de la monarchie absolue
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Actions sociales et humanitaires de Louis XVI
Protestation du syndic des Etats de Bretagne Botherel contre le pouvoir souverain que s'est attribuée l'Assemblée Nationale
Revolte des Etats-Généraux : "La force des baillonnettes", Mirabeau mène l'opposition lors de la scéance royale du 23 juin 1789
La Bastille, des supplices imaginaires et une place prise par la maladresse de ses défenseurs. Parcours de révolutionnaires : les vainqueurs de la Bastille
Le Roi ramené à Paris le 6 octobre 1789, suite à une provocation réactionnaire?.
Bilan de l'année 1789 par un curé de village
Réformes de l'Assemblée Nationale constituante
Nuit du 4 août et abolition des privilèges : diversité des réactions bretonnes
Suppression des corporations et des salaires minimaux qu'elles garantissaient : la loi le Chapelier
Réforme de l'Eglise dans un sens ultra-gallican : 1790, l'encens est réservé à la divinité, ouverture des couvents et interdiction des voeux religieux
Emancipation des juifs et indifférentisme religieux et libération des liens de famille
Plus La Constitution Civile du Clergé et les raisons du refus de l'Eglise catholique
Naissance du système métrique : une construction culturelle
Délimitation des départements : l'exemple de la Bretagne. Plus sur la fin des particularités bretonnes.
Condorcet : instruire pour rendre effective l'égalité, dans des établissements indépendants du pouvoir politique
Les critiques de Burke : contre une égalisation des rangs et des droits qui abaisse les talents et les élites et contre la faillite inévitable des assignats
Chute de la monarchie constitutionnelle
Opinions républicaines chez les soldats engagés volontaires en mai 1792.
La carmagnole, radicalisation d'une chanson révolutionnaire
Plus Les "marseillaises" de Rouget de Lisle aux Carmélites de Compiègne et à Yannick Noah
République
Daton : Patrie en danger et appel à l'audace, le jour du début des massacres de Septembre
Les massacres de septembre, provoqués par la peur de l'invasion?
Restif de la Bretonne, les nuits révolutionnaires : à propos des massacres de septembre 1792 : Pour le maintien de l'ordre par la loi sacrée de la majorité, une minorité qui résiste est monstrueuse, eut elle raison moralement, Des prêtres justement massacrés, selon les lois divines et humaines, On n'en a pas tué assez pour éviter le soulèvement de la Vendée (11 mai 1793)
Des conquêtes pour propager les réformes révolutionnaires : Décret du 15 décembre 1792.
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Terreur
Paroles et actions des chefs de la Vendée.
De la révolution bourgeoise à la révolution des sans culottes, Le bras armé de la révolution. De l'égalité des droits à la revendication d'une égalité matérielle par un contrôle de l'économie.
La terreur à l'ordre du jour dans les départements, terreur justifiée si elle défend la révolution, La défintions des suspects selon la commune de Paris : le manque d'entousiasme est un délit d'opinion Plus discours de Robespierre
Réquisitions révolutionnaires pendant la terreur, Débats sur les banquets révolutionnaires imposés aux parisiens au plus fort de la terreur
Le peintre David présente Marat comme un généreux humaniste
Robespierre, homme moral et religieux ou dictateur paranoïaque?. Discours de Robespierre : rebellions et complots contre la Liberté. et l'athéisme est aristocratique et le peuple a besoin du déisme
Marseillaise des carmélites de Compiègne, rédigée peu avant qu'elles soient guillottinées
Le Royaume Uni explique son entrée en guerre contre la Révolution
Thermidor
Après la terreur les conventionnels amnistient tout, sauf le royalisme
Bonaparte : Proclamations de la campagne d'Italie, promesses de gloire et de pillage, mais pas trop. Libération et pillage des peuples voisins : Napoléon à Milan.
La campagne d'italie : une occasion de se faire connaître pour un général ambitieux
Expedition d'Egypte
: rêve antique, guerre commerciale, mais sans exporter l'irreligion
Bonaparte justifie son coup d'Etat du 18 Brumaire devant l'armée
Napoléon
De Bonaparte meneur d'hommes, pour continuer la guerre première campagne d'Italie, 1796, de Bonaparte amoureux ...
Les victoires de l'organisation : Napoléon contrôle directement l'organisation de son armée Les proclamations de Bonaparte à l'armée, avant et après Austerlitz
Motivations de la lutte des britanniques contre la révolution : conserver sa patrie, son humanité et son Dieu : Nelson juste avant de mourir victorieux à Trafalgar Plus sur les oppositions à Napoléon
Code Civil
Réflexions révolutionnaires sur la famille : du libéralisme à la défense du couple légitime et de l'ordre social
Eloge du Code Civil par Portalis et danger des femmes qui échapperaient au modèle de la femme à la maison, modeste et soumise
Plus Bilan des transformations institutionnelles révolutionnaires
Cent jours
Napoléon renonce à son trône pour éviter une guerre civile 20 avril 1814. Le retour de la dictature militaire, au nom des droits du peuple : Proclamation de Bonaparte échappé de l'île d'Elbe à l'armée le 1er mars 1815
Restauration

Le jugement de Joseph de Maistre sur la révolution : "supendez la loi d'amour"
La révolution et les droits des femmes
Pour le maintien du droit de vote des femmes chefs de famille aux Etats Généraux, contre le système des procurations et pour une représentation par des semblables
Condorcet pour les droits politiques des femmes : Si elle ont des vertus douces et domestiques, elle sont aussi capables de courage et d'intelligence, leurs droits doivent donc être égaux. Le député Montagnard Lequino pour le divorce et la liberté des femmes, Un conventionnel propose de leur donner des droits politiques limités
Bonaparte justifie son coup d'Etat du 18 Brumaire devant l'armée
"Soldats, le décret extraordinaire du Conseil des Anciens m'a remis le commandement de la ville et l'armée.
La République est mal gouvernée depuis deux ans.
Vous avez espéré que mon retour mettrait un terme à tant de maux, vous l'avez célébré avec une union qui m'impose des obligations que je remplis, vous remplirez les vôtres, et vous seconderez votre général avec l'énergie, la fermeté et la confiance que j'ai toujours eues en vous.
La liberté, la victoire et la paix replaceront la République Française au rang qu'elle occupait en Europe, et que l'ineptie ou la trahison a pu seule lui faire perdre. Vive la République!"
Proclamation à l'Armée du 18 brumaire an VIII - 9 novembre 1799
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de Bonaparte : Proclamations de la campagne d'Italie, promesses de gloire et de pillage
Proclamation à l'Armée du 27 mars 1796
"Soldats, vous êtes nus, mal nourris; le Gouvernement vous doit beaucoup, il ne peut rien vous donner. Votre patience, le courage que vous montrez au milieu de ces roches sont admirables; mais il ne vous procure aucune gloire, aucun éclat ne rejaillit sur vous. Je veux vous conduire dans les plus fertiles plaines du monde. De riches provinces, de grandes villes seront en votre pouvoir; vous y trouverez honneur, gloire et richesses. Soldats d'Italie manqueriez-vous de courage ou de constance?"
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Proclamation à l'Armée du 26 avril 1796
"Soldats, vous avez en quinze jours remporté la victoire, pris 21 drapeaux, 55 pièces de canon, plusieurs places fortes, conquis la partie la plus riche du Piémont; vous avez fait 15000 prisonniers, tué ou blessé près de 10000 hommes.
Vous vous étiez jusqu'ici battus pour des rochers stériles. Dénués de tout vous avez supplée à tout. Vous avez gagné des batailles sans canons, passé des rivières sans pont, fait des marches forcées sans souliers, bivouaqué sans eau-de-vie et souvent sans pain. Les phalanges républicaines, les soldats de la liberté étaient seuls capables de souffrir ce que vous avez souffert.
Mais soldats, vous n'avez rien fait, puisqu'il vous reste encore à faire. Ni Turin, ni Milan ne sont à vous. La patrie a droit d'attendre de vous de grandes choses: justifierez vous son attente ? Vous avez encore des combats à livrer, des villes à prendre, des rivières à passer. Tous brûlent de porter au loin la gloire du peuple français; tous veulent dicter une paix glorieuse, tous veulent, en rentrant dans leurs villages, pouvoir dire avec fierté: "J'étais de l'armée conquérante d'Italie!".
Amis, je vous la promets, cette conquête; mais il est une condition qu'il faut que vous juriez de remplir, c'est de respecter les peuples que vous délivrerez, c'est de réprimer les pillages horribles. Les pillards seront impitoyablement fusillés.
Peuple d'Italie, l'armée française vient rompre vos chaînes; venez en confiance au devant d'elle."
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La campagne d'italie : une occasion de se faire connaître pour un général ambitieux
" Napoléon vole comme l'éclair et frappe comme la foudre. Il est partout et il voit tout. Il sait qu'il est des hommes dont le pouvoir n'a d'autres bornes que leur volonté quand la vertu des plus sublimes vertus seconde un vaste génie "
Courrier de l'armée d'Italie, rédigé sous pseudonyme par Bonaparte
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Expedition d'Egypte : rêve antique, guerre commerciale, mais sans exporter l'irreligion
Proclamation à l'Armée du 22 juin 1798 en mer
"Soldats ! Vous allez entreprendre une conquête dont les effets sur la civilisation et le commerce du monde sont incalculables. Vous porterez à l'Angleterre le coup le plus sûr et le plus sensible, en attendant que vous puissiez lui donner le coup de mort. Les beys mameluks, qui favorisent exclusivement le commerce anglais, qui ont couvert d'avanies nos négociants et tyrannisent les malheureux habitants du Nil, quelques jours après notre arrivée n'existeront plus.
Les peuples avec lesquels nous allons vivre sont mahométans; leur premier article de foi est celui ci: "Il n'y a pas d'autre de Dieu que Dieu et Mahomet est son prophète. ... Ne les contredisez pas; agissez avec eux comme nous avons agi avec les Juifs, avec les Italiens; ayez des égards pour leurs muftis et leurs imams, comme vous en avez eu pour les rabbins et les évêques. ...
La 1ère ville que nous allons rencontrer a été bâtie par Alexandre. Nous trouverons à chaque pas des souvenirs dignes d'exciter l'émulation des Français."
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La défintions des suspects selon la commune de Paris : le manque d'entousiasme est un délit d'opinion
"Commune de Paris
Le 20e jour du 1er mois de l'an II de la République française.(20 vendémiaire an II = 11 octobre 1793)
Extrait du registre des délibérations du Conseil général.
Caractères qui doivent distinguer les hommes suspects, et à qui on doit refuser le certificat de civisme.
1 Ceux qui, dans les assemblées du peuple, arrêtent son énergie par des discours astucieux, des cris turbulents et des menaces.
2 Ceux qui, plus prudents, parlent mystérieusement des malheurs de la République, s'apitoyent sur le sort du peuple, et sont toujours prêts à répandre des mauvaises nouvelles avec une douleur affectée.
3 Ceux qui ont changé de conduite et de langage selon les événements; qui, muets sur les crimes des royalistes et des fédéralistes, déclament avec emphase contre les fautes légères des patriotes et affectent, pour paraître républicains, une austérité, une sévérité étudiées, et qui cèdent aussitôt qu'il s'agit d'un modéré ou d'un aristocrate.
4 Ceux qui plaignent les fermiers et les marchands avides contre lesquels la loi est obligée de prendre des mesures.
5 Ceux qui ayant toujours le mot de Liberté, République et Patrie sur les lèvres, fréquentent les ci-devant nobles, les prêtres contre-révolutionnaires, les aristocrates, les feuillants, les modérés, et s'intéressent à leur sort.
6 Ceux qui n'ont pris aucune part dans tout ce qui intéresse la révolution et qui, pour s'en disculper, font valoir le paiement de leurs contributions, leurs dons patriotiques, leur service de la garde-nationale par remplacement ou autrement, etc.
7 Ceux qui ont reçu avec indifférence la constitution républicaine et ont fait part de fausses craintes sur son établissement et sa durée.
8 Ceux qui n'ayant rien fait contre la liberté, n'ont aussi rien fait pour elle.
9 Ceux qui ne fréquentent pas leur section et donnent pour excuse qu'ils ne savent pas parler, ou que leurs affaires les en empêchent.
10 Ceux qui parlent avec mépris des autorités constituées, des signes de la loi, des sociétés populaires, des défenseurs de la liberté.
11 Ceux qui ont signé des pétitions contre-révolutionnaires, ou fréquenté des sociétés et clubs anti-civiques.
12 Les partisans de La Fayette et les assassins qui se sont transportés au Champ-de-Mars.
Le Conseil général, après avoir entendu la lecture des caractères qui distinguent les gens suspects, en approuve la rédaction, et considérant qu'il est du plus grand intérêt pour la République d'établir sur des bases fixes les motifs de rejet ou d'adoption pour les places,
Arrête l'impression, l'envoi aux quarante-huit sections et aux sociétés populaires des caractères distinctifs des gens suspects.
Signé : Lubin, vice-président, Dorat-Cubières, secrétaire, greffier-adjoint.
Pour copie conforme : Coulombeau, secrétaire-greffier."
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Terreur justifiée si elle défend la révolution
" Si les tyrans se font précéder de la terreur, cette terreur ne frappe jamais que sur le peuple. Au contraire, dans une république naissante, quand la marche de la révolution force le législateur de mettre la terreur à l'ordre du jour, c'est pour venger la nation de ses ennemis ; et l'échafaud, qui naguère était le partage du misérable et du faible, est enfin devenu ce qu'il doit être : le tombeau des traîtres, des intrigants, des ambitieux et des rois. "
Billaud-Varenne, au nom du Comité de Salut Public, rapport du 18 novembre 1793, Cité dans LEBRUN, François, " La logique de la Terreur ", in L'Histoire no 113, juillet/août 1988
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La terreur à l'ordre du jour dans les départements
" Vous m'aviez envoyé dans les départements du Loiret et du Cher ; je n'avais pas des instructions particulières du Comité de salut public ; mais j'ai pensé que je devais me conduire révolutionnairement. J'ai mis partout la terreur à l'ordre du jour, j'ai taxé les riches et les aristocrates. "
Laplanche, lettre à la Convention, 19 àctobre 1793
" La terreur est à l'ordre du jour sur cette frontière ; les tribunaux révolutionnaires et militaires rivalisent de sévérité contre les égoïstes et les conspirateurs ; tous les riches contre-révolutionnaires et fanatiques des villes et des campagnes sont arrêtés par nos ordres. "
Milhaud, représentant auprès de l'armée du Rhin à Strasbourg, le 6 novembre 1793
Cité dans LEBRUN, François, " La logique de la Terreur ", in L'Histoire no 113, juillet/août 1988
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Pour le maintien du droit de vote des femmes chefs de famille aux Etats Généraux, contre le système des procurations et pour une représentation par des semblables
"L'aurore luit, les ténèbres se dissipent ... Ô puissance suprême ! fais que ce symbole enflamme tous les coeurs, ranime notre espoir et couronne nos voeux.
Il est, dit-on, question d'accorder aux Nègres (sic) leur affranchissement ; le peuple, presque aussi esclave qu'eux va rentrer dans ses droits : c'est à la philosophie qui éclaire la nation, ... serait-il possible qu'elle fût muette à notre égard, ou bien que, ... les hommes persistassent à vouloir nous rendre victimes de leur orgueil et de leur injustice ? ...
La devise des femmes est travailler, obéir et se taire. ... Voilà certes un système digne [des] siècles d'ignorance. ...
Ce n'est point aux honneurs du gouvernement, ni aux avantages d'être initiées dans les secrets du ministère que nous aspirons ; mais nous croyons qu'il est de toute équité de permettre aux femmes veuves ou filles possédant des terres ou autres propriétés, de porter leurs doléances au pied du trône ; qu'il est également juste de recueillir leurs suffrages, puisqu'elles sont obligées, comme les hommes, de payer les impositions royales et de remplir les engagements du commerce.
L'on alléguera peut-être que tout ce qu'il est possible de leur accorder, c'est de leur permettre de se faire représenter, par procuration, aux états généraux.
On pourrait répondre qu'étant démontré, avec raison, qu'un noble ne peut représenter un roturier, ni celui-ci un noble ; de même un homme ne pourrait, avec plus d'équité, représenter une femme, puisque les représentants doivent avoir absolument les mêmes intérêts que les représentés : les femmes ne pourraient donc être représentées que par des femmes. "
Cahier de Doléances et réclamation des Femmes, Mme B. B. , 1789, in CD-Rom "Femmes,le long chemin - deux siècles de lutte pour la liberté", Edition Mémoire 1999 - Mémoire Multimédia (http://www.hometown.aol.com/memoires/revolutions.html)
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Condorcet pour les droits politiques des femmes : Si elle ont des vertus douces et domestiques, elle sont aussi capables de courage et d'intelligence, leurs droits doivent donc être égaux
"L'habitude peut familiariser les hommes avec la violation de leurs droits naturels, au point que, parmi ceux qui les ont perdus, personne ne songe à les réclamer, ...
tous n'ont-ils pas violé le principe de l'égalité des droits, en privant tranquillement la moitié du genre humain de celui de concourir à la formation des lois, en excluant les femmes du droit de cité ?
Or, les droits des hommes résultent uniquement de ce qu'ils sont des êtres sensibles, susceptibles d'acquérir des idées morales, et de raisonner sur ces idées. Ainsi les femmes ayant ces mêmes qualités, ont nécessairement des droits égaux.
Ou aucun individu de l'espèce humaine n'a de véritables droits, ou tous ont les mêmes; et celui qui vote contre le droit d'un autre, quels que soient sa religion, sa couleur ou son sexe, a dès lors abjuré les siens.
Il serait difficile de prouver que les femmes sont incapables d'exercer les droits de cité. ... exposés à des grossesses, et à des indispositions passagères, ... En admettant dans les hommes une supériorité d'esprit qui ne soit pas la suite nécessaire de la différence d'éducation ...
On dit qu'aucune femme n'a fait de découverte importante dans les sciences, n'a donné de preuves de génie dans les arts, dans les lettres, etc.; mais, sans doute, on ne prétendra point n'accorder le droit de cité qu'aux seuls hommes de génie. On ajoute qu'aucune femme n'a la même étendue de connaissances, la même force de raison que certains hommes; mais qu'en résulte-t-il, qu'excepté une classe peu nombreuses d'hommes très éclairés, l'égalité est entière entre les femmes et le reste des hommes ; que cette classe mise à part, l'infériorité et la supériorité se partagent également entre les deux sexes. Or puisqu'il serait complètement absurde de borner à cette classe supérieure le droit de cité, et la capacité d'être chargé de fonctions publiques, pourquoi en exclurait-on les femmes, plutôt que ceux des hommes qui sont inférieurs à une grand nombre de femmes ? ...
Elisabeth d'Angleterre, Marie-Thérèze, les deux Catherine de Russie, ont prouvé que ce n'était ni la force d'âme, ni le courage d'esprit qui manquait aux femmes. ... Les droits des citoyens n'auraient -ils pas été mieux défendus, en France, aux états de 1614, par la fille adoptive de Montaigne, que par le conseiller Courtin, qui croyait aux sortilèges et aux vertus occultes ? ... Croit-on que la marquise de Châtelet n'eût pas fait une dépêche aussi bien que M. Rouillé?
Les femmes sont supérieures aux hommes dans les vertus douces et domestiques ...
tiré de Condorcet (1743-1794), Journal de la Société de 1789, n 5, 3 juillet 1790
in Paroles d'hommes (1790-1793) présentées par Elisabeth Badinter
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Le député Montagnard Lequino pour le divorce et la liberté des femmes
"Chez toutes les nations les femmes ont vécu jusqu'ici dans une dépendance de leurs époux, ou plutôt dans un état vrai d'esclavage, toujours gradué sur le despotisme, dans le système politique du gouvernement. ... nous qui avons à peu près rompu nos chaînes politiques, et qui n'avons rien fait encore pour la liberté des femmes. Etablissons-la donc aujourd'hui: instituons le divorce ... "
Lequino, Assemblée législative, 17 février 1792. Lequino,(1755-1814) avocat, député à la Législative et à la Convention. Montagnard.
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Un conventionnel propose de leur donner des droits politiques limités

"Républicains, affranchissons les femmes d'un esclavage flétrissant l'humanité comme nous brisons les chaînes de nos voisins.
... Ennemis jurés des despotes, des tyrans, renonçons à cet empire odieux du plus fort sur le plus faible.
Apôtres de l'égalité, traitons les femmes égales, et marchons de front dans la carrière politique. ... et ouvrons-leur, à la face de l'Europe étonnée, les portes des assemblées primaires.
Texte de Guyomar (1757-1826) député, tiré de la 3ème annexe à la séance de la Convention nationale, Archives parlementaires, 29.4.1793, tome 63.
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On n'en a pas tué assez pour éviter le soulèvement de la Vendée (11 mai 1793)
Quel est donc le véritable motif de cette boucherie? [des massacres de Septembre] Plusieurs personnes pensent que c'était effectivement, pour que les volontaires, en partant pour les frontières, ne laissassent pas leurs femmes et leurs enfants à la merci des brigands, que les tribunaux pouvaient renvoyer absous; que des malveillants pouvaient faire évader, etc.
J'ai voulu savoir la vérité, et je l'ai enfin trouvée. On ne voulait qu'une chose, se débarrasser des prêtres réfractaires : quelques-uns même voulaient se défaire de tous.
Or on sentit, qu'il y avait encore du fanatisme, et qu'un acte pareil, dirigé contre les prêtres, nommément, et contre eux seuls, révolterait certaines gens.
La déportation, loin de remplir le but, ne faisait que mettre les prêtres dans le cas d'une émigration, plus dangereuse peut-être que leur séjour. Qu'en fallait-il faire? Les anéantir. Si on l'avait pu autrement qu'en les tuant, on ne les aurait pas tués. On les tua donc; et pour étourdir sur cette exécution illégale, on arrangea l'affaire des prisons...
Que dire, de cet événement affreux? Qu'il est affreux. Mais ce qui nous fait frémir d'horreur, aujourd'hui, 11 mai 1793, c'est que nous voyons que ce massacre... horrible... était nécessaire, et qu'il ne fut pas assez général, assez complet... Un commissaire du pouvoir exécutif disait hier : " Je voyais, à Nantes, les femmes porter de l'argent pour des assignats, et pour rien, aux prêtres destinés à la déportation : je les voyais se mettre à genoux devant eux, et recevoir leur bénédiction. Et je disais à la Garde nationale : " Pourquoi souffrez-vous " cela? - Ho! ho! que voulez-vous? c'est assez de la loi. - Vous en gémirez! " et ils en gémissent. Il fallait, morbleu! continue le même homme, les mettre dans le vaisseau d'Agrippine, et les abandonner en pleine mer... " ...
La conduite de ces gens-là [les prêtres de l'ouest et de la Vendée] est telle aujourd'hui, qu'ils ne laissent dans les coeurs des patriotes, que la rage et le regret de ne pas avoir exercé une plus grande barbarie... Les misérables!...
Seconde partie, douzième nuit, p 267-268
Restif de la Bretonne, les nuits révolutionnaires, Seconde partie, douzième nuit, p 262-268, notes par Béatrice Didier, Le livre de poche, Librairie générale française, 1978
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Restif de la Bretonne : les nuits révolutionnaires : Des prêtres justement massacrés, selon les lois divines et humaines
Non, je le répète, ce ne sont pas ces prêtres, membres inutiles, et souvent dangereux de la société qu'ils trompent, que je. plains davantage : ils n'étaient pas innocents. D'après les principes, je ne dis pas révolutionnaires, mais du droit public de toutes les nations, l'on n'a pas droit de s'opposer autrement que par le raisonnement, et avant la décision, au voeu de la majorité. Mais il y a plus; ces prêtres étaient coupables, d'après leur propre code religieux : ils ne peuvent, selon l'Évangile, employer les armes, même pour défendre leur vie ou leurs dogmes. Les nôtres ont excité des troubles, encouragé au meurtre; ce sont des scélérats, que Jésus, assis à la droite fulminante de son père, punira de ce crime abominable à ses yeux : les lois ont le droit de sévir ils moururent donc justement, aux yeux de Dieu, d'après leur code et leur croyance, et des hommes, d'après le droit; ils furent seulement illégalement punis.
Ceci n'excuse pas leurs assassins, qui subvertirent, en les massacrant, toutes les lois de la sociabilité...
Seconde partie, douzième nuit, p 264,
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Restif de la Bretonne : les nuits révolutionnaires : Pour le maintien de l'ordre par la loi sacrée de la majorité, une minorité qui résiste est monstrueuse, eut elle raison moralement
L'évêque d'Arles s'y était rendu volontairement, pour consoler et encourager ses frères. Et qu'on ne pense pas qu'en rapportant cet acte touchant, je prenne le parti des prêtres fanatiques! Ce sont mes plus cruels ennemis! les êtres, à mes yeux, les plus méprisables! Non! non! je ne les plains pas!
Ils ont fait trop de mal à la patrie : avant, par le scandale de leur conduite, qui a ôté tout frein aux peuples; après, par leurs menées.
Il n'y a rien de bien, ou de mal, dans le voeu de la société; quand une société, ou sa majorité, veut une chose, elle est juste : celui qui s'y oppose, qui appelle la guerre et la vengeance sur sa nation, est un monstre : celui qui veut venger Dieu et sa religion, est un sacrilège impie, un blasphémateur insensé, qui prétend s'ériger en protecteur de Dieu! Dieu n'aime qu'une chose, c'est l'ordre; l'ordre qui est sa perfection à lui-même; et l'ordre se trouve toujours dans l'accord de la majorité : la minorité est toujours coupable, je le répète, eût-elle raison moralement.
Il ne faut que le sens commun pour sentir cette vérité-là. Les prêtres s'imaginent que leur culte est essentiel; ils se trompent; ce qui est essentiel, c'est la charité fraternelle. Ils la violent, même en disant la messe. Tout le mal nous est fait, en ce bas monde, par les sots, les mauvais raisonneurs, les esprits faux et aheurtés; car voilà ce qui compose la tourbe immense des sots... Revenons.
Les tueurs entrèrent aux Carmes vers les cinq heures.
Seconde partie, douzième nuit, p 262-63
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De la révolution bourgeoise à la révolution des sans culottes
"Dans tous les temps, dans tous les pays les gens de commerce n'eurent ni coeur, ni âme ; ils ne savent que tromper et voler ; ils tondraient sur un oeuf, et ils attraperaient jusqu'à leurs pères ; ils trafiquent de tout, même de chair humaine ; ce sont leurs vaisseaux qui vont sur les côtes d'Afrique enlever les nègres qu'ils traitent comme un vil bétail. Devait-on s'attendre que des êtres aussi vils deviendraient citoyens ? ... La patrie, foutre ! Les négociants n'en ont point. Tant qu'ils ont cru que la révolution leur serait utile, ils l'ont soutenue, ils ont prêté la main aux sans-culottes pour détruire la noblesse et les parlements ; mais c'était pour se mettre à la place des aristocrates."
extrait de "Le Père Duchêne" Cité dans "Histoire Seconde", sous la direction de R. Frank, éditions Belin, 1987, p. 79
Le bras armé de la révolution
Au reste, un sans-culotte a toujours son sabre avec le fil : pour fendre les oreilles de tous les malveillants, quelquefois il marche avec sa pique ; mais au premier son du tambour, on le voit partir pour la Vendée, pour l'armée des Alpes, ou pour l'armée du Nord."
extrait de "Le Père Duchêne" Cité dans "Histoire Seconde", éditions Hachette, 1996, p. 189
De l'égalité des droits à la revendication d'une égalité matérielle par un contrôle de l'économie

"Pour tuer d'un coup l'aristocratie fermière et marchande, que l'on divise toutes les grandes terres en petites métairies. Si, en même temps, on ne vend les domaines nationaux qu'en petites portions, si on met en culture tous les parcs des émigrés, (...) nous aurons des subsistances à revendre, et jamais nous n'éprouverons la disette. Pour faire cesser ce bougre de tripotage des agioteurs et la cupidité des marchands, que l'on double, que l'on triple l'armée révolutionnaire, foutre qu'il en soit envoyé de forts détachements dans tous les départements ; c'est le seul moyen d'établir le maximum. Que les têtes des affameurs du peuple tombent comme celles des traîtres et des conspirateurs... "
extrait de "Le Père Duchêne" Cité dans "Histoire Seconde", sous la direction de R. Frank, éditions Belin, 1987, p. 87
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Le Royaume Uni explique son entrée en guerre contre la Révolution en 1793
"Les intentions qui avaient été proclamées de réformer les abus du gouvernement français, d'établir la liberté individuelle sur des bases solides, ... toutes ces vues salutaires se sont malheureusement évanouies.
A leur place a succédé un système destructeur de l'ordre public, maintenu en place par des expulsions, des confiscations, des emprisonnements, des massacres ... et, finalement, par l'exécrable assassinat d'un souverain juste et bienfaisant. Les nations voisines ont été exposées aux attaques répétées. ... Cet état de choses ne peut exister en France sans entraîner toutes les puissances environnantes dans un même danger ... sans leur donner le droit d'arrêter la progression de ce mal."
Déclaration du gouvernement britannique le 29 octobre 1793.
Cité dans Berstein et Milza, "Histoire Seconde", éditions Hatier, 1996, p.241
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Burke : contre une égalisation des rangs et des droits qui abaisse les talents et les élites et contre la faillite inévitable des assignats
" Caractère spécial de la Révolution française : la bassesse "
[contre l'action des aristocrates libéraux et l'égalité des conditions]
" Quand des hommes de haut rang sacrifient toutes les idées de dignité à une ambition sans objet défini, et poursuivent d'indignes desseins avec de vils instruments, tous les esprits s'abaissent et s'avilissent. Est-ce que pour le moment nous ne voyons pas quelque chose d'analogue en France ? Est-ce que le résultat n'en est pas ignominieux et déshonorant ? Une sorte de bassesse dans la politique régnante, une tendance persistante à avilir, en même temps que les individus, toute la dignité et l'importance de l'Etat ?
[différence des grands révolutionnaires et réformateurs, des Guise à Cromwell ou Richelieu et des inventeurs des assignats]

Il y a des révolutions dont les chefs furent des hommes qui, tout en essayant ou en accomplissant des changements dans la chose publique, sanctifiaient du moins leur ambition en donnant plus de dignité au peuple dont ils troublaient la paix. Ils avaient de grandes vues, ils voulaient donner des lois à leur pays, ils ne se proposaient pas de la détruire. C'étaient des hommes de grands talents civils et militaires, et, s'ils étaient la terreur de leur âge, ils en étaient aussi l'ornement. Ils ne ressemblaient pas à des courtiers juifs disputant ensemble à qui guérira le mieux, par la circulation frauduleuse d'un papier déprécié, la misère et la ruine déchaînées sur leur pays par leurs absurdes conseils. Ces fauteurs de troubles n'étaient pas tant des usurpateurs que des hommes revendiquant leur place naturelle dans la société.
Tel était notre Cromwell. Telle fut, chez vous, la race toute entière des Guise, des Condé, et des Coligny. Tel fut aussi votre Richelieu qui, en des temps moins troublés, se laissa encore guider par l'esprit de la guerre civile. Tels encore votre Henri IV et votre Sully ....
[contre les nouveaux "nivelleurs" il faut que tous les postes soient ouverts, mais aux meilleurs]

Ceux qui tentent de niveler n'égalisent jamais. Dans toute société composée de différentes classes de citoyens, il faut qu'une de ces classes soit supérieure aux autres. C'est pourquoi les niveleurs ne font que changer et pervertir l'ordre naturel des choses ; ils surchargent l'édifice social en plaçant à son faîte ce dont la solidité de la construction voudrait qu'on fasse les fondements.
Vous n'imaginez point, n'est-ce pas, que je veuille réserver le pouvoir, l'autorité, les distinctions uniquement au sang, aux noms et aux titres. Non, monsieur, la vertu et la sagesse réelles ou présumées, sont seules des titres à exercer le pouvoir. Malheur au pays qui condamnerait à l'obscurité ce qui doit illustrer et glorifier un Etat !
Mais malheur aussi au pays qui, passant d'un extrême à l'autre, considère une éducation inférieure, une vue étroite et resserrée des choses, une profession sordide et mercenaire, comme les meilleurs titres à exercer le commandement !
Tous les postes devraient être ouverts : mais non pas indifféremment à tous. Il n'y a pas de rotation, pas de tirage au sort, pas de système électoral basé sur l'un ou l'autre de ces principes, qui puissent, en général, être bons dans un gouvernement qui s'occupe de vastes desseins et cela parce que ces méthodes ne tendent, ni directement, ni indirectement, à sélectionner les hommes en vue des devoirs qu'ils ont à accomplir, ou à mettre les individus à la place qu'ils doivent occuper (...).
[contre le principe de majorité arithmétique]
On dit que vingt-quatre millions d'hommes doivent l'emporter sur deux cent mille.
D'accord si la Constitution d'un royaume est un problème arithmétique. Pour des hommes qui peuvent raisonner avec calme, c'est ridicule.
La volonté du grand nombre et son intérêt diffèrent bien souvent l'un de l'autre, et la différence sera énorme si le grand nombre fait le mauvais choix.
A l'heure présente, vous semblez en toute chose vous être fourvoyés hors de la grande route de la nature.
La propriété de la France n'est plus ce qui gouverne le pays, par suite la propriété est détruite, et la liberté raisonnable n'existe plus.
[contre les départements]

Et, pour ce qui est de l'avenir, croyez-vous sérieusement que le territoire de la France, divisé d'après le système républicain en 83 municipalités indépendantes, pourra jamais être gouverné comme un seul corps ou mis en mouvement par l'impulsion d'une seule tête ? Ces petits états ne supporteront pas longtemps leur infériorité par rapport à la république de Paris. Ils ne supporteront pas que ce seul corps fasse son monopole de la captivité du roi et d'un droit de suprématie sur l'Assemblée qui s'appelle nationale. Les hommes qui ont fait la Constitution ont oublié que dès lors qu'ils ont eu construit un gouvernement démocratique, ils avaient virtuellement démembré leur pays. "
Edmund BURKE, Réflexions sur la révolution française, 1790 (trad. de 1912)
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Actions sociales et humanitaires de Louis XVI
Louis XVI mesurait plus d'un mètre quatre vingt dix et disposait d'une force musculaire colossale.
Louis XVI décida de soulager son peuple, en le dispensant du "droit de joyeux avènement", impôt perçu à chaque changement de règne.
Louis XVI créa le corps des pompiers.
Louis XVI autorisa l'installation de pompes à feu, pour approvisionner Paris en eau de manière régulière...
Louis XVI créa un mont-de-piété à Paris pour décourager l'usure et venir en aide aux petites gens.
Louis XVI abandonna aux équipages de ses vaisseaux le tiers de la valeur des prises, qui lui était réservé en temps de guerre.
Louis XVI décida d'aider l'abbé de l'Epée dans son oeuvre pour l'éducation des " Sourds-muets sans fortune " auxquels il enseignait un langage par signes de son invention. Le roi lui versa alors une pension de 6000 livres sur sa propre cassette, contre l'avis de l'archevêché qui soupçonnait cet homme de jansénisme.
Louis XVI dota l'école de Valentin Hauÿ pour les aveugles.
Louis XVI donna l'ordre à ses commandants de vaisseaux de ne point inquiéter les pêcheurs anglais et obtint ainsi du gouvernement anglais la réciprocité pour les pêcheurs français.
Louis XVI donna aux femmes mariées et aux mineurs de toucher eux-mêmes leurs pensions sans demander l'autorisation de leur mari ou tuteur.
Louis XVI ordonna aux hôpitaux militaires de traiter les blessés ennemis " comme les propres sujets du Roi ", 90 ans avant la première Convention de Genève.
Louis XVI fit abolir le servage et la mainmorte dans le domaine royal, et le droit de suite qui permettait aux seigneurs de faire poursuivre les serfs ou mainmortables qui quittaient leur domaine.
Louis XVI ordonna l'abolition de la question préparatoire et préalable (torture).
Louis XVI [conserva] r le droit de vote aux femmes [chefs de famille] dans le cadre de l'élection des députés de l'assemblée des Etats-Généraux.
Louis XVI fit construire à ses frais des infirmeries " claires et aérées " dans les prisons.
Louis XVI s'inquiéta du sort qui était réservé aux prisonniers détenus en préventive de par leur inculpation, avant leur procès. Par ailleurs, il décida de leur accorder une indemnité ainsi qu'un droit d'annonce dans le cas où leur innocence serait reconnue lors de leur procès.
Louis XVI supprima de très nombreuses charges de la maison du Roi (plus d'un tiers).
Louis XVI permit aux femmes d'accéder à toutes les maîtrises.
Louis XVI finança tous les aménagements de l'Hôtel-Dieu pour que chaque malade ait son propre lit individuel.
Louis XVI employa le premier l'expression de " justice sociale ".
Louis XVI fonda un hôpital pour les enfants atteints de maladies contagieuses, aujourd'hui nommé Hôpital des Enfants-Malades.
Louis XVI créa le Musée des Sciences et Techniques, futur centre national des Arts et Métiers.
Louis XVI fonda l'école des Mines.
Louis XVI finança sur ses propres fonds les expériences d'aérostation des frères Montgolfier.
Louis XVI également les expériences de Jouffroy d'Abbans pour l'adaptation de la machine à vapeur à la navigation.
Louis XVI exempta les juifs du péage corporel et autres droits humiliants, fit construire les synagogues de Nancy et de Lunéville et permit aux juifs l'accès à toutes les maîtrises dans tout le ressort du Parlement de Nancy.
Louis XVI accorda sept millions aux victimes du froid excessif en 1784.
Louis XVI accorda des pensions de retraite à tous ceux qui exerçaient une profession maritime.
Louis XVI demanda l'établissement annuel de la balance du commerce.
Louis XVI créa le droit de propriété des auteurs et compositeurs de musique.
Louis XVI accorda l'état-civil aux protestants.
L'histoire occultée. Samizdat du Roi, n°6
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Daton : Patrie en danger et appel à l'audace, le jour du début des massacres de Septembre
Tout s'émeut, tout s'ébranle, tout brûle de combattre. Une partie du peuple va se porter aux frontières, une autre va creuser des retranchements et la troisième, avec des piques, défendra l'intérieur des villes ... Nous demandons que vous concouriez avec nous à diriger ce mouvement sublime du peuple en nommant des commissaires qui nous seconderont dans ces grandes mesures. Nous demandons que quiconque refusera de servir de sa personne ou de. remettre ses armes soit puni de mort ...
Le tocsin qu'on va sonner n'est point un signal d'alarme, c'est la charge sur les ennemis de la patrie.
Pour les vaincre, il nous faut de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace, et la France est sauvée.
Danton, Discours à l'Assemblée Législative, le 2 septembre 1789
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La Bastille, des supplices imaginaires et une place prise par la maladresse de ses défenseurs
[Le marquis de Sade] s'est mis hier midi à sa fenêtre, et a crié de toutes ses forces, et a été entendu de tout le voisinage et des passants, qu'on égorgeait, qu'on assassinait les prisonniers à la Bastille, et qu'il fallait venir à leur secours. Il a récidivé ses cris et ses plaintes bruyantes. Il est tel moment où cet homme serait très dangereux à avoir, et où il nuirait au bien du service. Je crois devoir vous représenter, Monseigneur, qu'il serait bien nécessaire de transférer ce prisonnier à Charenton ou dans quelque maison de ce genre ...
de Launay, gouverneur de la forteresse, lettre au ministre d'État le 3 juillet 1789
[Le gouverneur de la Bastille veut capituler] " Nous avons vingt millions de poudre, nous ferons sauter la garnison et tout le quartier, si vous n'acceptez la capitulation. " Cependant, on continue le feu ... l'ennemi s'aperçoit qu'on veut l'abattre, il désespère de son salut et fait abaisser le petit pont-levis de la porte de passage. Les sieurs Elie, Hulin et Maillard sautent sur le pont et demandent intrépidement que la dernière porte s'ouvre ; l'ennemi obéit : on veut entrer ; les assiégés se défendent : on égorge tout ce qui s'oppose au passage ... ; les uns s'emparant des postes, les autres volant sur les tours, ils arborent le drapeau sacré de la patrie, aux applaudissements et aux transports d'une foule immense."
Journal, Les révolutions de Paris.
[Jordan de Launay a été massacré juste après par la foule devant l'Hôtel de Ville]
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Le Roi ramené à Paris le 6 octobre 1789, suite à une provocation réactionnaire.
O Richard ! O mon roi ! / L'univers t'abandonne. / Sur la terre, il n'est que moi / Qui s'intéresse à ta personne.
Air de Richard Coeur de Lion, comédie de Sedaine, avec une musique de Grétry. [chanté devant Louis XVI le 1er octobre par des officiers et des soldats voulant se distinguer du passage de nombreux gardes françaises du côté de l'Assemblée nationale, ce morceau a servi de prétexte aux manifestations du 5 et 6 octobre 1789]
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Le modèle de la femme à la maison, modeste et soumise
On trouve de vieilles personnes minutieuses, fatigantes, qui ont joui dans leur jeunesse de la réputation de femmes aimables sans avoir d'autres avantages que ceux d':nue jolie figure... La femme pourvue d'une solide instruction perd sa fraîcheur et le charme de ses traits ; mais elle prend, à chaque époque de sa vie, le maintien qui lui convient, une année de plus, une pré-tention de moins, et elle conserve jusqu'à la vieillesse les grâ-ces de son âge et l'estime de tous. Elle a été jusqu'à dix-huit ans jeune fille modeste ; tendre épouse et mère sensible jusqu'à trente ; institutrice de sa fille jusqu'à quarante; conseil et amie de sa famille le reste de sa vie.
Mme Campan, nommée par Napoléon directrice de la maison de la Légion d'honneur 1752-1822.
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Cabanis : les femmes menacées par la nymphomanie
La nymphomanie, maladie étonnante par la simplicité de sa cause, qui pour l'ordinaire est l'inflammation lente des ovai-res et de la matrice, maladie dégradante par ses effets qui transforment la fille la plus timide en une bacchante, et la pudeur la plus délicate en une ardeur furieuse, dont n'approche même pas l'effronterie de la prostitution (Cabanis, Rapports du physique et du moral de l'homme, 1803
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Parcours de révolutionnaires : les vainqueurs de la Bastille :
[Ils furent entre 600 et 984 à être recencés par la Municipalité, pour de 30 à 98 tués devant la Bastille]
La marche chaotique des événements a projeté dans toutes sortes de directions ces héros d'un après--midi. Maillard présidera le pseudo-tribunal de l'Abbaye lors des massacres de septembre 1792. On n'a pas fini de discuter du rôle qu'il y joua. Il mourut de tuberculose en 1794. Hulin (1758-1841), horloger genevois, fit une très bonne carrière mili-taire après le 9 thermidor. Il fut gouverneur de Milan, général de division après Marengo, gouver-neur de Paris. Le brasseur Santerre (1752-1809) se spécialisa dans les manifestations de rues, devint général de la garde nationale, conduisit Louis XVI à l'échafaud, mais se révéla piètre stratège dans la guerre de Vendée. Élie (1746-1825) devint général lui aussi, en 1793, mais fut réformé en 1797. Des comparses connurent des destins singuliers : Vieilh, dit Varennes, fut successivement gendarme, artil-leur, receveur de loterie, agent de la police secrète, pour finir héraut d'armes de Louis XVIII. C'est lui qui proclama : " Le roi est mort ", devant le caveau
de Saint-Denis. Georges Labrousse fut l'envoyé des Jacobins et des " terroristes " à Toulon et, tout aussi bien, devint soldat de l'armée contre-révolutionnaire de Charette en Vendée, puis agent du comte d'Artois à Londres, policier en France sous le Direc-toire et l'Empire, agent du comte de Provence, et finit domestique du service de bouche à la table de Louis XVIII. Le " patriote Palloy " mit la Bastille en ruine, la rasa et s'y ruina lui-même.
Les mots de l'histoire
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Motivations de la lutte des britanniques contre la révolution : conserver sa patrie, son humanité et son Dieu : Nelson juste avant de mourir victorieux à Trafalgar
Ma très chère bien-aimée Emma, l'aimée adorée de mon coeur, les ennemis viennent de donner le signal ... Que le ciel nous bénisse ! c'est la prière de votre Nelson.
A son amante.
Que Dieu que je vénère consente à accorder à mon pays, et pour le plus grand bien de l'Europe, une grande et glorieuse victoire. Qu'aucun d'entre nous ne ternisse par ses erreurs l'éclat de la victoire. Que la marine britannique montre d'abord, après cette victoire, son humanité. Je me confie à Celui qui fut mon créateur et je Lui demande d'éclairer mes actes qui sont au service de mon pays.
Je remets entre Ses mains ma personne et la juste cause que je sers.
Amen, Amen, Amen.
Dans son carnet personnel le 21 octobre 1805
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Après la terreur les conventionnels amnistient tout, sauf le royalisme
1. A dater du jour de la publication de la paix générale, la peine de mort sera abolie dans la République française.
2. La place de la Révolution portera désormais le nom de place de la Concorde.
3. La Convention abolit à compter de ce jour tout décret d'accusation ou d'arrestation, mandat d'arrêt mis ou non à exécution, toutes procédures, poursuites et tous jugements portant sur des faits purement relatifs à la Révolution. Tous détenus à l'occasion de ces mêmes événements seront immédiatement élargis,
s'il n'existe Point contre eux de charges relatives à la conspiration (royaliste) du 13 vendémiaire dernier.
Décret de la Convention du 26 octobre 1796
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Robespierre : l'athéisme est aristocratique et le peuple a besoin du déisme
L'athéisme est aristocratique. L'idée d'un grand être, qui veille sur l'innocence opprimée et punit le crime triomphant, est toute populaire. Le peuple, les malheureux m'applaudissent ; si je trouvais des censeurs, ce serait parmi les riches et parmi les coupables. J'ai été, dès le collège, un assez mauvais catholique ; mais je n'ai jamais été ni un ami froid ni un défenseur infidèle de l'humanité : je n'en suis que plus attaché aux idées morales et politiques que je tiers de vous exposer. Si Dieu n'existait pas, il faudrait l'inventer
Robespierre, Discours au club des Jacobins, 21 novembre 1793
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Proclamation de Napoléon à Austerlitz
Avant la bataille

Soldats, l'armée russe se présente devant vous pour venger l'armée autrichienne d'Ulm. Ce sont ces mêmes bataillons que vous avez battus à Hollabrunn, et que depuis vous avez constamment poursuivis jusqu'ici.
Les positions que nous occupons sont formidables et, pendant qu'ils marcheront pour tourner ma droite, ils me présenteront le flanc.
Soldats, je dirigerai moi-même tous vos bataillons ; je me tiendrai loin du feu, si, avec votre bravoure accoutumée, vous portez le désordre et la confusion dans les rangs ennemis ; mais, si la victoire était un moment incertaine, vous verriez votre empereur s'exposer aux premiers coups, car la victoire ne saurait hésiter, dans cette journée surtout, où il y va de l'honneur de l'infanterie française, qui importe tant à l'honneur de toute la nation.
Que, sous prétexte d'emmener les blessés, on ne dégarnisse pas les rangs et que chacun soit bien pénétré de cette pensée qu'il faut vaincre ces stipendiés de l'Angleterre qui sont animés d'une si grande haine contre notre nation. Cette victoire finira notre campagne ; et nous pourrons reste re nos quartiers d'hiver, où nous serons joints par les nouvelles armées qui se forment en France ; et alors la paix que je ferai sera digne de mon peuple, de vous et de moi.
Proclamation de Napoléon à l'armée, 1er décembre 1805, avant la bataille :
Après la Bataille
Soldats, je suis content de vous. Vous avez, à la journée d'Austerlitz, justifié tout ce que j'attendais de votre intrépidité. Vous avez décoré vos aigles d'une immortelle gloire. Une armée de 100 000 hommes, commandée par les empereurs de Russie et d'Autriche, a été en moins de quatre heures ou coupée ou dispersée. Ce qui a échappé à votre fer s'est noyé dans les lacs. Quarante drapeaux, les étendards de la garde impériale de Russie, cent vingt pièces de canon, vingt généraux, plus de 30 000 prisonniers sont le résultat de cette journée à jamais célèbre. Cette infanterie tant vantée et en nombre supérieur n'a pu résister à votre choc, et désormais vous n'avez plus de rivaux à redouter.
Ainsi, en deux mois, cette troisième coalition a été vaincue et dissoute. La paix ne peut plus être éloignée ; mais, comme je l'ai promis à mon peuple avant de passer le Rhin je ne ferai qu'une paix qui nous donne des garanties et assure des récompenses à nos alliés.
Soldats, lorsque le peuple français plaça sur ma tête la couronne impériale, je me confiai à vous pour la maintenir toujours dans ce haut éclat de gloire qui, seul, pouvait lui donner du prix à mes yeux. Mais, dans le même moment, nos ennemis pensaient à la détruire et à l'avilir ! Et cette couronne de fer, conquise par le sang de tant de Français, ils voulaient m'obliger de la placer sur la tête de nos plus cruels ennemis ! Projets téméraires et insensés que, le jour même de l'anniversaire de votre Empereur, vous avez anéantis et confondus ! Vous leur avez appris qu'il est plus facile de nous braver et de nous menacer que de nous vaincre.
Soldats, lorsque tout ce qui est nécessaire pour assurer le bonheur et la prospérité de notre patrie sera accompli, je vous ramè-nerai en France. Là, vous serez l'objet de mes tendres sollicitudes. Mon peuple vous reverra avec joie, et il vous suffira de dire : J'étais à la bataille d'Austerlitz, pour qu'on réponde : Voilà un brave !
Proclamation de Napoléon à l'armée, 3 décembre 1805, après la bataille
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Les victoires de l'organisation : Napoléon contrôle directement l'organisation de son armée
Pour mon armée française, le ministre me remet, deux fois par mois, plus de dix-huit volumes in 12 et in 4 ° qui me présentent l'état de mon armée sous tous les points de vue
Napoléon Ier à Eugène de Beauharnais, Bayonne, 16 mai 1808
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De Bonaparte meneur d'hommes, pour continuer la guerre première campagne d'Italie, 1796
Conclusion de la proclamation de Bonaparte
Soldats, vous avez en quinze jours remporté six victoires, pris vingt et un drapeaux, cinquante-cinq pièces de canon, plusieurs places fortes et conquis la partie la plus riche du Piémont ... Vous avez gagné des batailles sans canons, passé des rivières sans ponts, bivouaqué sans eau-de-vie et souvent sans pain . ... Grâces vous en soient rendues ... .Mais vous n'avez rien fait, puisqu'il vous reste à faire ... En est-il parmi vous dont le courage s'amollisse ? ... Non ... Tous brillent de porter au loin la gloire du peuple français .... Tous veulent, en rentrant dans leurs villages, pouvoir dire avec fierté : " J'étais à l'armée d'Italie. "
Proclamation aux troupes après l'armistice de Cherasco, le 28 avril 1796.
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de Bonaparte amoureux ... 1796
Depuis que je t'ai quittée, j'ai toujours été triste. Mon bonheur est d'être auprès de toi. Sans cesse je repasse dans ma mémoire tes baisers, tes larmes, ton aimable jalousie. Et les charmes de l'incomparable Joséphine allument sans cesse une flamme vive et brûlante dans mon cour et dans mes sens ... Je croyais t'aimer, il y a quelques jours, mais depuis que je t'ai vue, je sais que je t'aime mille fois plus encore. Depuis que je te connais, je t'adore tous les jours davantage.
Napoléon à Joséphine de Beauharnais 17 juill. 1796.
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Napoléon renonce à son trône pour éviter une guerre civile 20 avril 1814
Avec des hommes tels que vous, notre cause n'était pas perdue. Mais la guerre était interminable ; c'eüt été la guerre civile, et la France n'en serait devenue que plus malheureuse. J'ai donc sacrifié tous nos intérêts à ceux de la patrie ; je pars...
Déclaration d'adieux à la garde
Le retour de la dictature militaire, au nom des droits du peuple : Proclamation de Bonaparte échappé de l'île d'Elbe à l'armée 1er mars 1815
Qui prétendait être maître chez nous ? Qui en aurait le pou-voir ? Reprenez ces aigles ... Pensez-vous que cette poignée de Français aujourd'hui si arrogants puissent en soutenir la vue ? ... Soldats, venez vous ranger sous les drapeaux de votre chef, son existence ne se compose que de la vôtre, ses droits ne sont que ceux du peuple et les vôtres, son intérêt, son honneur, sa gloire ne sont autres que votre intérêt, votre honneur et votre gloire. La victoire marchera au pas de charge, l'aigle avec les couleurs nationales, volera de clocher en clocher jusqu'aux tours de Notre-Dame
Napoléon de Bonaparte, Proclamation datée de Golfe Juan, 1er mars 1815
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Débats sur les banquets révolutionnaires imposés aux parisiens au plus fort de la terreur
Sur ces tables lacédémoniennes, il n'est besoin ni de nappes, ni de serviettes, ni de rien qui tienne au luxe. Dans cet état de simplicité digne de l'âge d'or, combien de coeurs sont disposés à la fraternité, à la douce égalité et même à l'amitié ! Les pères et mères, attendris au milieu de leurs enfants, jouissent avec délices des premiers fruits de la Révolution
Journal de Paris
J'ai vu se dérouler devant moi une série de scènes plus ou moins dégouttantes, plus ou moins grotesques. Ici, c'était l'ivresse, avec tout ce qu'elle a de crapuleux ; plus loin, au milieu de tous les symptômes de la gaieté, des propos de cannibales, ailleurs des esprits de massacre et d'incendie.
Le Conventionnel Edmé Monnet
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Réquisitions révolutionnaires pendant la terreur
Dix mille hommes sont nu-pieds dans l'armée ; il faut que vous déchaussiez tous les aristocrates Strasbourg dans le jour, et que demain, à dix heures du matin, les dix mille paires de souliers soient en marche pour le quartier général
Saint-Just et Le Bas, représentants du peuple à l'armée du Rhin, 15 novembre 1793
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Revolte des Etats-Généraux : Mirabeau mène l'opposition lors de la scéance royale du 23 juin 1789
[répondant au Marquis de Dreux-Brézé qui réitérait l'odre du Roi aux Etats de renoncer à l'illégalité de leur constitution en Assemblée Nationale pour se séparer à nouveau en trois Ordres]
Oui, monsieur, nous avons entendu les intentions qu'on a suggérées au roi, et vous ne saurez être son organe auprès des Etats généraux ; vous n'avez ni place, ni droit de parler, vous n'êtes pas fait pour rappeler son discours. Cependant, pour éviter toute équivoque, je déclare que, si l'on vous a chargé de nous faire sortir d'ici, vous devez demander des ordres pour employer la force, car nous ne quitterons nos places que par la force des baïon-nettes.
Mirabeau : Troisième lettre à ses comettants.
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Emancipation des juifs et indifférentisme religieux et liberation des liens de famille
J'espère qu'un jour, disait M..., au sortir de l'Assemblée Nationale, présidée par un juif, j'assisterai au mariage d'un catholique séparé par divorce de sa première femme luthérienne, et épousant une jeune anabaptiste ; qu'ensuite nous irons dîner chez le curé, qui nous présentera sa femme, jeune personne de la religion anglicane, qu'il aura lui-même épousée en secondes noces, étant veuf d'une calviniste "
Chamfort, 1740-1794. vers 1791 à propos du fait que le 27 septembre 1791, l'Assemblée nationale constituante accorda aux juifs tous les droits civiques
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La carmagnole, radicalisation d'une chanson révolutionnaire

Par le prudent La Fayette tout s'apaisera.
La Fayette dit : Vienne qui voudra !
Le patriotisme leur répondra.

Version de 1790 Musique de Bécourt "le carillon national",
paroles de Ledré

Nouvelles paroles de 1793

Madam' Veto avait promis (bis)
De faire égorger tout Paris (bis)
Mais son coup a manqué
Grâce à nos canonniers.

Refrain
Dansons la Carmagnole /Vive le son (bis)
Dansons la Carmagnole /Vive le son du canon !
Dansons la Carmagnole /Vive le son (bis)
Dansons la Carmagnole /Vive le son du canon !
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira /Les aristocrat's à la lanterne
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira /Les aristocrat's on les pendra

Monsieur Veto avait promis (bis)
D'être fidèle à son pays (bis)
Mais il y a manqué,
Ne faisons pas de quartier.

Antoinette avait résolu
Antoinette avait résolu
De nous faire tomber sur le cul (bis)
mais son coup a manqué,
Ne faisons pas de quartier.

Amis, restons unis (bis)
Ne craignons pas nos ennemis (bis)
S'ils viennent nous attaquer,
Nous les ferons sauter.

Oui, nous nous souviendrons toujours (bis)
Des sans-culottes des faubourgs (bis)
A leur santé buvons,
Vivent ces francs lurons.

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Réflexions révolutionnaires sur la famille : du libéralisme à la défense du couple légitime et de l'ordre social
Les projets de la commission du Code civil de la Convention
Dans sont rapport de présentation du projet Cambacérès écrit " si je n'avais à vous présenter que mon opinion personnelle, je vous dirais : tous les enfants indistinctement ont le droit de succéder à ceux qui leur ont donné l'existence ; les différences établies entre eux, sont l'effet de l'orgueil et de la superstition ; elles sont ignominieuses et contraires à la justice. Dans un gouvernement basé sur la liberté, des individus ne peuvent pas être victimes des fautes de leur père. L'exhérédation est la peine des grands crimes : l'enfant qui naît en a-t-il commis ? Et si le mariage est une institution précieuse, son empire ne peut s'étendre jusqu'à la destruction de l'homme et des droits du citoyen. Mais ce n'est pas de mes propres pensées que je veux vous entretenir : c'est le résultat de la discussion du comité, dont il faut vous rendre un compte. … il ne restait plus au comité qu'à régler les droits de successibilité des enfants légitimes ; mais, en consacrant un principe incontestable, nous avons estimé qu'il devait souffrir quelques modifications déterminées par l'état actuel de la société et par la transition subite d'une législation vicieuse à une législation meilleure.
Ainsi, lorsque le père ou la mère seront décédés sans testament, l'enfant né hors le mariage aura une portion égale à celle des autres enfants co-partageants ; "
Cambacérès, Nouveau rapport sur les articles d'appendice titre IV du livre 1er, concernant les Enfants nés hors mariage, présenté au nom du comité de législation, par CAMBACERES, député de l'Hérault ; imprimé par ordre de la Convention Nationale. présenté le 7 août 1793 [projet abandonné en raison de l'opposition de certains montagnards]
Code Civil
" article 756 : Les enfants naturels ne sont point héritiers ; la loi ne leur accorde de droits sur les biens de leur père ou mère décédés, que lorsqu'ils ont été légalement reconnus. Elle ne leur accorde aucun droit sur les biens des parents de leur père ou mère.
article 757 du Code Napoléon : " le droit de l'enfant naturel sur les biens des père et mère décédés, est réglé ainsi qu'il suit : Si le père ou la mère a laissé des descendants légitimes, ce droit est d'un tiers de la portion héréditaire que l'enfant naturel aurait eu s'il eut été légitime … "
[l'égalité absolue des enfants naturels et légitime a été mise en place le1er juillet 2006]
Source site juridiquepourtous le 24 juin 2006
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Condorcet : instruire pour rendre effective l'égalité, dans des établissements indépendants du pouvoir politique
Offrir à tous les individus de l'espèce humaine les moyens de pourvoir à leurs besoins, d'assurer leur bien-être, de connaître et d'exercer leurs droits, d'entendre et de remplir leurs devoirs ; Assurer à chacun d'eux la facilité de perfectionner son industrie, de se rendre capable des fonctions sociales auxquelles il a droit d'être appelé, de développer toute l'étendue des talents qu'il a reçus de la nature, et par là, établir entre les citoyens une égalité de fait, et rendre réelle l'égalité politique reconnue par la loi : Tel doit être le premier but d'une instruction nationale ; ...
Cultiver enfin, dans chaque génération, les facultés physiques, intellectuelles et morales, et, par là, contribuer à ce perfectionnement général et graduel de l'espèce humaine, dernier but vers lequel toute institution sociale doit être dirigée ;
Tel doit être l'objet de l'instruction ...
Nous avons pensé ... qu'il fallait donner à tous également l'instruction qu'il est possible d'étendre sur tous, mais ne refuser à aucune portion de citoyens l'instruction plus élevée, ...
La première condition de toute instruction étant de n'enseigner que des vérités, les établissements que la puissance publique y consacre doivent être aussi indépendants qu'il est possible de toute autorité politique. ...
Nous avons observé, enfin, que l'instruction .... devait embrasser tous les âges.
CONDORCET, Les principes de l'instruction publique Discours à l'Assemblée nationale législative : 2 avril 1792
Cité dans "1789, recueil de textes et documents du XVIIIème s. à nos jours", édité par le Ministère de l'Education Nationale et le Centre National de la Documentation Pédagogique, 1989, p. 139
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Le peintre David présente Marat comme un généreux humaniste
[Sur le tableau de David, ont peut voir, dans la main de Marat cette lettre " du 13 juillet 1793, Marie Anne Charlotte Corday au citoyen Marat : il suffit que je soisz bien malheureuse pour vaoir droit à votre bienveillance " et à côté de celle ci l'encrier, une lettre inachevée et un assignat que Marat se préparait à donner à Charlotte Corday pour secourir la veuve sans ressources d'un révolutionnaire. Dans la réalité celle ci est parvenue jusquà Marat en se proposant de lui dénoncer des victimes qu'il pourrait faire quillottiner].
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Bilan de l'année 1789 dans un village du Lyonnais
Ce résumé des événements de l'année a été écrit par le prêtre de la commune de Mars, petit village de la Loire limitrophe au Rhône, sur le registre des Baptêmes-Mariages-Sépultures du village à la fin de l'année.
La transcription ci-dessous tente de ressembler le plus possible à l'original qui se distingue par une écriture très liée.
"L'année mil sept cent quatre vingt neuf sera à jamais mémorable par les événements & les révolutions extraordinaires qui sont arrivés. 1°. L'hiver a été des plus rigoureux. 2°. Les grains ont été extrêmement rares & chers. Le bled Seigle a valu le cours de l'année en (?) la mesure. 3°. les commerces de toile & de filature de coton [sont] tellement interrompus que bien des gens du peuple ont été réduits à la misère pour ne pas trouver d'ouvrage & ne gagne presque rien. 4°. on a assemblé les états généraux du royaume. 5°. La France au mois de juillet a été dans le trouble & l'épouvante par les faux bruits répandus que des brigands attroupés mettoient tout à feu & à sang par où ils passoient. Toutes les paroisses se sont armées pour se défendre, on a sonné partout le tocsin. 6°. plusieurs châteaux ont été incendiés par des gens de campagnes attroupés. 7°. on a décrété dans l'assemblée des états généraux que les biens ecclésiastiques étoient à la disposition de la nation. 8°. on a imposé à la taille tous les privilégiés quelconques. 9°. on a demandé le quart du revenu de tous les biens d'une année pour aider à payer les dettes de l'état."
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Paroles et actions des chefs de la Vendée
Jacques Cathelineau, père de 10 enfants dont 4 décédés en bas-âge, colporteur.
Récit de son entrée en guerre : - Jacques ! les gars se sont révoltés contre les gardes nationaux lors du tirage au sort de Saint Florent ; on dit qu'il y a eu des morts ...
- La guerre ne peut plus être évitée, répond Cathelineau en s'essuyant les mains. Laissant son pétrin en l'état, il prend par les épaules sa femme en larmes : - Aie confiance, Dieu pour qui je vais combattre aura soin de toi et de nos six enfants.
Il réunit sa petite troupe composée d'une trentaine d'hommes, et leur tient ce langage : - Vous êtes sans armes, mais rassurez-vous ; avant que le soleil ne se couche, la victoire vous aura armés. Et s'il nous faut mourir, que ce soit du moins en combattant les ennemis de Dieu et du Roi !
Ils partirent ainsi, chapelet au cou et le Coeur Sacré sur la poitrine.
Le 14 juillet 1793 mourait à 34 ans le Saint de l'Anjou, premier généralissime de l'armée catholique et royale, élu à cette fonction à l'unanimité des autres généraux.
les saints de la Vendée, martyrs de la Révolution , dont plus de 400 ont déjà été béatifiés par l'Eglise
Au pied d'un calvaire détruit, le soldat pointant son doigt vers le sabre du Vendéen lui dit : "Rends moi ton arme!".
Celui-ci levant son doigt vers le Ciel et le calvaire étêté, lui répond : "Rends moi mon Dieu !".Il fut tué sur le champ, martyr de sa Foi.
de Charette
, à ses officiers "Notre patrie à nous, c'est nos villages, nos autels, nos tombeaux, tout ce que nos pères ont aimé avant nous. Notre patrie, c'est notre Foi, notre terre, notre Roi...
Mais leur patrie à eux, qu'est-ce que c'est ? Vous le comprenez, vous ?... Ils l'ont dans le cerveau; nous l'avons sous les pieds...
Il est vieux comme le diable, le monde qu'ils disent nouveau et qu'ils veulent fonder dans l'absence de Dieu ... On nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions ; faut rire !
Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, sommes une jeunesse, Messieurs ! Sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de la fidélité ! Et cette jeunesse veut préserver pour elle et pour ses fils, la créance humaine, la liberté de l'homme intérieur..."
Louis-Marie de Lescure
, le "saint du Poitou",
la Rochejaquelein "Si j'avance, suivez-moi; si je recule, tuez-moi; si je meurs, vengez-moi!".
Maurice d'Elbée alors que ses troupes venaient de remporter une éclatante victoire et comptaient un nombre impressionnant de prisonniers. Ses Vendéens en armes, ses fidèles combattants, portés par la colère de savoir leurs familles en danger ou assassinées, leur pays pillé et brulé, veulent achever les prisonniers, les éxecuter.
D'Elbée ne put les contenir, mais avant de les laisser faire, il leur demande de prier avec lui un "Pater Noster". Ils prièrent ensemble et d'Elbée les interrompit lorsque tous avaient dit "Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi", leur demanda seulement de faire leur cette prière. Le massacre fut évité.
Fait prisonnier à Noirmoutiers pendant la Virée de Galernes, il sera enfermé dans l'église avec 1200 femmes et enfants. 60 par 60, les Bleus firent sortir leur prisonniers et les exécutèrent. Jugé pendant ce massacre, d'Elbée est condamné à mort et, souffrant tellement de ses blessures, il sera fusillé dans son fauteuil...
Charles de Bonchamps Mortellement blessé en franchissant la Loire le 18 octobre 1793, alors que son armée victorieuse avait capturé 3000 prisonniers que la troupe voulait passer par les armes, il eut ces mots magnifiques :
"Grâce aux prisonniers ! Bonchamps le veut! Bonchamps l'ordonne !"
Il expira quelques plus tard en disant :
"J'ai servi mon Dieu, mon Roi, ma Patrie : j'ai su pardonner".
Stofflet, ... condamné à mort, refuse d'avoir les yeux bandés : "Sachez qu'un général Vendéen n'a pas peur des balles". Il mourra quelques secondes après en criant "Vive la religion ! vive le Roi!"
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Marseillaise des carmélites de Compiègne, rédigée peu avant qu'elles soient guillottinées
Livrons nos coeurs à l'allégresse, / Le jour de gloire est arrivé ; / Loin de nous toute faiblesse,
Voyant l'étendard arrivé (bis).
Préparons-nous à la victoire ; / Marchons tous en vrai conquérant, / Sous les drapeaux d'un Dieu mourant ; / Courons, volons tous à la gloire ;
Ranimons notre ardeur, / Nos corps sont au Seigneur. / Montons, montons à l'échafaud / Et rendons-le vainqueur. ...

Nous sommes les victimes du siècle / et nous devons nous immoler / pour sa réconciliation avec Dieu.
Une éternité de bonheur m'attend ! (bis)
Hâtons-nous donc, courons vers ce terme / et souffrons volontiers / pendant les courts moments de cette vie.
Aujourd'hui la tempête gronde ;
mais demain nous serons dans le port./ Les fidèles constants, / Scellent, scellent, de tout leur sang / La foi d'un Dieu mourant.
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1790 L'Assemblée Nationale réglemente l'usage de l'encens dans les églises : un curé vendéen prêt au martyre pour refuser cette intrusion dans la discipline de l'Eglise.
Le décret, reçu et affiché à Nantes, le 19 juin, interdit l'encensement traditionnel du prêtre et de ses ministres selon le rite de l'Église romaine, de même que celui des fidèles et du corps des défunts en signe de respect : la réaction du curé Robin : Si j'ai souscrit sans doute au pacte fédératif du 14 juillet ce n'est pas par pure complaisance. [mais] Le prêtre à l'autel est Jésus-Christ même et il lui est dû l'encens. ... Qu'on me traduise en justice, ... qu'on me tue comme saint Paul, je mourrai pour la religion de Jésus-Christ. ... Comme ministre des autels et pasteur, je défendrai cette sainte religion et le troupeau oui m'est confié.
Archives départementales de la Loire-Atlantique L123
Reynald Secher, La Chapelle-Basse-Mer village vendéen, Perrin, 1986
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Des conquêtes pour propager les réformes révolutionnaires
La guerre révolutionnaire. Décret du 15 décembre 1792.
La Convention nationale, décrète :
Dans les pays qui sont ou seront occupés par les armées de la République, les généraux proclameront sur-le-champ, au nom de la nation française, la souveraineté du peuple, la suppression de toutes les autorités établies, des impôts ou contributions exis-tants, l'abolition de la dîme, de la féodalite, des droits seigneuriaux, et généralement de tous les privilèges.
Ils annonceront au peuple qu'ils lui apportent paix, secours, fraternité, liberté et égalité...
Le peuple français au peuple ...
Frères et amis, nous avons conquis le liberté, et nous la maintiendrons. Nous avons chassé vos tyrans : montrez-vous hommes libres, et nous vous garantirons de leur vengeance, de leurs projets et de leur retour.
DUVERGIER, collection complètes des lois, décrets.
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Eloge du Code Civil
De bonnes lois civiles sont le plus grand bien que les hommes puissent donner et recevoir ; elles sont la source des mœurs, le palladium de la prospérité, et la garantie de toute paix publique et particulière : si elles ne fondent pas le gouvernement, elles le maintiennent ; elles modèrent la puissance et contribuent à la faire respecter, comme si elle était la justice même. Elles atteignent chaque individu, elles se mêlent aux principales actions morales du peuple, et toujours elles font partie de la liberté ; enfin, elles consolent chaque citoyen des sacrifices que la loi politique lui commande pour la cité, en le protégeant, quand il le faut, dans sa personne et dans ses biens, comme s'il était, lui seul, la cité tout entière.
Portalis, Discours préliminaire
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Les discours de Robespierre : rebellions et complots contre la Liberté
Il n'y a point de procès à faire. Louis n'est point un accusé, vous n'êtes point des juges ... Louis dénonçait le peuple français comme rebelle ; . ... Proposer de faire le procès de Louis XVI, de quelque manière que ce puisse être, ... c'est une idée contre-révolutionnaire car c'est mettre la révolution elle-même en litige. ... si Louis peut être présumé innocent, que devient la révolution ? N'est-elle pas encore incertaine et douteuse ?
Si Louis est innocent, ... les fédérés, le peuple de Paris, tous les patriotes de l'empire français sont coupables.
5 décembre 1792
Que la liberté périsse en France, la nature entière se couvre d'un voile funèbre, et la raison humaine reculé jusqu'aux abîmes de l'ignorance et de la barbarie. ... ce n'est pas pour un peuple que nous combattons, mais pour l'univers
17 décembre 1793
Il n'y a pas [d'autres] citoyens dans la République que les républicains. Les royalistes, les conspirateurs, ne sont pour elle que des étrangers ou plutôt des ennemis ... domptez par la terreur les ennemis de la liberté. Le gouvernement de la révolution est le despotisme de la liberté contre la tyrannie."
5 février 1794.
Il existe une conspiration contre la liberté publique
, ... au sein même de la Convention ; cette coalition a des complices dans le Comité de Sûreté générale ; des membres du Comité de Salut public entrent dans ce complot ...
26 juillet 1794
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Le jugement de Joseph de Maistre sur la révolution : "supendez la loi d'amour"
"Ce qu'on croit vrai, il faut le dire et le dire hardiment ; je voudrais, m'en coûtât-il grand-chose , découvrir une vérité pour choquer tout le genre humain : je la lui dirais à brûle-pourpoint ."
" Il y a dans la Révolution française un caractère satanique qui le distingue de tout ce qu'on a vu et peut-être de tout ce qu'on verra. " 1797
" Il n'y a plus de prêtres , on les a chassés , égorgés , avilis ; on les a dépouillés : et ceux qui ont échappé à la guillotine, aux bûchers , aux poignards , aux fusillades, aux noyades, à la déportation reçoivent aujourd'hui l'aumône qu'ils donnaient jadis... Les autels sont renversés ; on a promené dans les rues des animaux immondes sous les vêtements des pontifes ; les coupes sacrées ont servi à d'abominables orgies ; et sur ces autels que la foi antique environne de chérubins éblouis , on a fait monter des prostituées nues. "
" Il n'y a pas d'homme d'esprit en France qui ne se méprise plus ou moins. L'ignominie nationale pèse sur tous les coeurs ( car jamais le peuple ne fut méprisé par des maîtres plus méprisables ) ; on a donc besoin de se consoler, et les bons citoyens le font à leur manière. Mais l'homme vil et corrompu, étranger à toutes les idées élevées , se venge de son abjection passée et présente, en contemplant, avec cette volupté ineffable qui n'est connue que de la bassesse, le spectacle de la grandeur humiliée"
" Le plus grand ennemi de l'Europe qu'il importe d'étouffer par tous les moyens qui ne sont pas des crimes, l'ulcère funeste qui s'attache à toutes les souverainetés et qui les ronge sans relâche , le fils de l'orgueil , le père de l'anarchie , le dissolvant universel, c'est le protestantisme. "
Suspendez " la loi d'amour ", dit Maistre, et en un clin d'oeil, en pleine civilisation, vous voyez " le sang innocent couvrant les échafauds , des hommes frisant et poudrant des têtes sanglantes, et la bouche même des femmes souillée de sang humain ".
Citations tirées d'un article de Philippe Sollers pour le Nouvel Observateur
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Robespierre, un homme moral et religieux ou dictateur paranoïaque?
Le jugement du député girondin d'Eure-et-Loir. Pétion
Le caractère explique ce qu'il a fait. ... Il aperçoit partout des complots, des trahisons. ... n'écoutant que lui, ne supportant pas la contrariété, ne pardonnant jamais. ... voulant par-dessus tout les faveurs du peuple ; ... c'est surtout cette dernière faiblesse, qui, ... a pu faite croire que Robespierre ... voulait usurper le pouvoir dictatorial.
Extrait du Moniteur universel du 10 novembre 1792
Le jugement du député montagnard de la Sarthe, Levasseur:
Partout. il se montre ami de la vertu, de la religion. de la bienséance même. ... Il sent que l'homme ne peut être républicain s'il n'est avant tout moral et religieux. Certains actes de sévérité ont été cependant l'ouvrage de Robespierre ... mais leur nécessité lui semblait démon-trée.
Extrait des Mémoires de Lesueur.
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Les massacres de septembre, provoqués par la peur de l'invasion?
La peur de l'invasion et des contre-révolutionnaires
Juges tout le sang versé du 2 au 3 septembre doit retomber sur vous. Ce sont vos criminelles lenteurs qui portèrent le peuple à des extrémités dont vous devez être responsables ... Déjà nos frontières sont envahies, plusieurs villes fortes prises toutes les horreurs de la guerre commencent pour nous et nous sont apportées au nom de Louis XVI et de sa femme qui, en effet, ont convenus de tout cela avec nos ennemis. C'est au nom de Sa Majesté Très-Chrétienne qu'ils enlèvent nos moissons pour nous affamer et passent au fil de l'épée ceux de nos frères qui ne sont point assez lâches pour obéir à la première sommation.
Longwy a été pris le 23 août : Verdun est assiégé depuis le 30 août.
Article du journal "les révolutions de Paris" entre le 4 et le 20 septembre
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Suppression des corporations et des salaires minimaux garantis par celles ci : la loi le Chapelier
Article premier - L'anéantissement de toutes espèces de corporations des citoyens du même état ou profession étant une des bases fondamentales de la constitution française, il est défendu de les rétablir ….
Art. 2 - Les citoyens du même état ou profession, …, ne pourront, lorsqu'ils se trouveront ensemble, se nommer ni président, ni secrétaires, ni syndics, tenir des registres, prendre des arrêtés ou délibérations, former des règlements sur leurs prétendus intérêts communs.
Art. 4 - Si, … des citoyens attachés aux mêmes professions, … prenaient des délibérations … tendant à n'accorder qu'à un prix déterminé le secours de leur industrie ou de leurs travaux, lesdites délibérations et conventions, …, sont déclarées …, attentatoires à la liberté et à la déclaration des droits de l'homme, et de nul effet.
Art. 6 - Si lesdites délibérations ou convocations … contenaient quelques menaces contre les entrepreneurs, artisans, ouvriers ou journaliers étrangers qui viendraient travailler dans le lieu, ou contre ceux qui se contenteraient d'un salaire inférieur, [au tarif] tous auteurs, instigateurs et signataires des actes ou écrits, seront punis d'une amende de mille livres chacun et de trois mois de prison.
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Une pensée du contrôle social :
Faire naître les idées nécessaires au gouvernement
Eduquer et gouverner par le contrôle de l'environnement et des idées qu'on fait naître.
Étienne Dumont, de l'entourage de Mirabeau (et de Bentham), à l'Assemblée législative s'adresse ainsi : " Messieurs, si l'on trouvait les moyens de se rendre maître de tout ce qui peut arriver à un certain nombre d'hommes, de disposer tout ce qui les environne, de manière à opérer sur eux l'impression que l'on veut produire, de s'assurer de leurs actions, de leurs liaisons, de toutes les circonstances de leur vie, en sorte que rien ne peut échapper ni contrarier l'effet désiré, on ne peut pas douter qu'un moyen de cette espèce ne fût un instrument très énergique et très utile que les gouvernements pourraient appliquer à différents objets de la plus haute importance. L'éducation, par exemple, n'est que le résultat de toutes les circonstances auxquelles un enfant est exposé. Veiller à l'éducation d'un homme, c'est veiller à toutes ses actions; c'est le placer dans une position où l'on puisse influer sur lui comme on le veut, par le choix des objets dont on l'entoure et les idées qu'on lui fait naître "
Assemblée législative, 13 décembre 1791 : Arch. parlem., 1/36/61/1 et 2. Il s'agit en fait d'une brochure imprimée dédiée à l'Assemblée sous le nom de Bentham, qui lui présente et lui résume (mais amplement) son Panopticon. Mais ce condensé, en réalité, est d'Étienne Dumont.

Utiliser la religion pour contrôler les consciences

Et l'on sait justement à quel point Robespierre, et quelques autres après lui, angoissés par l'état critique du tissu social, et épinglant sans équivoque les esprits forts à cet égard inconsé-quents, du genre d'Holbach et Helvétius, ont aspiré à fabriquer à l'improviste des religions de remplacement (160) n'ayant pas d'autre objet, ou pas plus important, que de diligenter une auto-surveillance des intériorités. Boulay de la Meurthe, au Conseil des Cinq-Cents, en juillet 1797, ayant rappelé que la religion implique l'existence d'un " être nécessaire et suprême " en mesure de récompenser et de punir, en veut déduire " que la religion bien entendue marche (...) au même but que le législateur et le magistrat ", à ceci près " que la religion, en s'emparant des ceurs, (...) exerce son empire sur les actions secrettes que le magistrat ne peut voir, et supplée ainsi à l'insuffisance des lois ". Bref, " la religion n'étant autre chose que la morale, doit être regardée de tout tems comme l'appui et le complément des lois "
Boulay de la Meurthe, 21 messidor an V, 9 juillet 1797: Moniteur, n° 298, 28 messidor, 16 juillet, p. 1191, col. 2.
Avoir une police omnisciente

Le rôle social de la police, qu'il est advenu à Lenoir-Laroche de théoriser sous le Directoire, ne diffère en rien, c'est à observer, [d'un] idéal manipulateur très sophistiqué. En l'occurrence, Lenoir-Laroche se nourrissait expressément - les citant même - des méditations d'un haut magistrat du XVIIIe siècle (un réformateur), son compatriote grenoblois Servan, qui parlait ainsi : " Un magistrat chargé de l'ordre public, souvent immobile en apparence, n'en sera que plus actif en secret. ... Sans sortir un instant de sa place, il observera tous les mouvements de cette portion de la société dont il est le surveillant; .... Ses opérations mesurées et secrètes, comme celles de la nature, produiront, comme elles, un effet infaillible et heureux : d'autant mieux informé qu'il paraîtra moins s'en enquérir ... parce que tout est disposé pour lui parvenir... " etc.
Nommé ministre de la police quinze mois plus tard, ce Lenoir-Laroche ne le restera, trop incompétent (c'est plutôt flatteur), qu'une dizaine de jours. Mais il intégrera le sénat consulaire dès son instauration,
Servan, Discours sur l'administration de la justice criminelle, 1769 1e éd., 1767
Source Xavier Martin, Code Civil
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Naissance du système métrique : une construction culturelle
Je me souviens de la révolte d'étudiants de deuxième année de géographie, un jour où je leur avais dit que le mètre était une invention merveilleuse, mais sociale, idéologique et politique; pour eux le mètre existait, préalablement à toute mesure humaine, et pour me prouver la vacuité de mon discours, une étudiante se leva, et éloignant ses mains d'environ un mètre, me dit: "Regardez, ça existe!".
http://mappemonde.mgm.fr/num10/librairie/lib06203.html
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Protestation du syndic des Etats de Bretagne Botherel contre le pouvoir souverain que s'est attribuée l'Assemblée Nationale

PROTESTATION ET RECLAMATION DE M. DE BOTHEREL, PROCUREUR GENERAL, SYNDIC DES ETATS DE BRETAGNE
(extraits)
[Les anciens privilèges de la Bretagne]
Unie à la France par des traités solennels, et jamais conquise, la Bretagne a ressenti cet ébranlement général dont sa constitution particulière devait la garantir. Par son union vivement désirée, sollicitée même par les états généraux de France, consommée à leur prière, et sur leurs représentations, la province de Bretagne donna à la France un poids immense dans la balance de l'Europe; et pour tous ces avantages, elle ne se réserva que les droits dont elle jouissait sous ses souverains particuliers; elle stipula qu'elle ne serait assujettie qu'aux impositions qu'elle consentirait; que nul établissement, nulle loi n'aurait de force dans son étendue qu'après l'adoption unanime des trois ordres ; que nul changement ne se ferait dans son administration que de son consentement, et que jamais pour aucune cause ses citoyens ne seraient traînés en justice hors de leur pays...
[contre la transformation des Etats généraux en Assemblée nationale représentative libérée de toute forme de mandat impératif]
... A la vue de tous les maux auxquels on livre votre patrie, à la vue des impôts dont on veut vous accabler, à l'aspect de l'anéantissement des droits sacrés du peuple, Bretons sensibles, réunissons-nous, et protestons tous ensemble contre une assemblée qui, de constituée se déclarant constituante, de mandataire s'