Discours de Robespierre
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Robespierre contre la guerre (18 décembre 1791)
Contre l'idée d'un procès de Louis XVI : le présumer innocent ferait de tous les révolutionnaires des rebelles et des coupables
Le salut de la république, un enjeu cosmique
Les vertus et les miracles de la morale républicaine
Les principes de la Terreur
L'accusation de trop : le 8 thermidor,
Robespierre dénonce un large complot, sans donner les noms.
d'après Cliotexte
Robespierre contre la guerre (18 décembre 1791)
Quelle est la guerre que nous pouvons prévoir ? ... c'est la guerre des ennemis de la révolution française contre la révolution française. Les plus nombreux, les plus dangereux de nos ennemis sont-ils à Coblence ? Non, ils sont au milieu de nous. ...
C'est pendant la guerre que le pouvoir exécutif déploie la plus redoutable énergie et qu'il exerce une espèce de dictature qui ne peut qu'effrayer la liberté naissante ...
C'est pendant la guerre que l'habitude d'une obéissance passive et l'enthousiasme trop naturel pour les chefs heureux fait, des soldats de la patrie, les soldats du monarque ou de ses généraux. Dans le temps de troubles et de factions, les chefs des armées deviennent les arbitres du sort de leur pays, et font pencher la balance en faveur du parti qu'ils ont embrassé.
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Contre l'idée d'un procès de Louis XVI : le présumer innocent ferait de tous les révolutionnaires des rebelles et des coupables
Il n'y a point de procès à faire. Louis n'est point un accusé, vous n'êtes point des juges ; vous êtes, vous ne pouvez être que des hommes d'Etat et les représentants de la nation.
Quel est le parti que la saine politique prescrit pour cimenter la République naissante ? C'est ... de frapper de stupeur tous les partisans du roi.
Louis fut roi, et la République est fondée. La question fameuse qui vous occupe est décidée par ces seuls mots : Louis est détrôné par ses crimes ; Louis dénonçait le peuple français comme rebelle ; il a appelé, pour le châtier, les armes des tyrans ses confrères.
La victoire et le peuple ont décidé que lui seul était rebelle. Louis ne peut donc être jugé, il est déjà condamné ; il est condamné, ou la République n'est point absout
Proposer de faire le procès de Louis XVI, de quelque manière que ce puisse être, ... c'est une idée contre-révolutionnaire car c'est mettre la révolution elle-même en litige. ... si Louis peut être présumé innocent, que devient la révolution ? N'est-elle pas encore incertaine et douteuse ?
Si Louis est innocent, tous les défenseurs de la Liberté deviennent des calomniateurs ... tous les manifestes des Cours étrangères ne sont que des réclamations légitimes contre une faction dominatrice ; ... les fédérés, le peuple de Paris, tous les patriotes de l'empire français sont coupables.
Mais le peuple, quelle autre loi peut-il suivre, que la justice et la raison, appuyées de sa toute puissance ?
in Moniteur universel, n° 340 du 5 décembre 1792, p.1441.
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Le salut de la république, un enjeu cosmique
Au sortir du chaos où les trahisons d'une cour criminelle et le règne des factions avaient plongé le gouvernement, ... . Il est temps d'apprendre aux imbéciles qui l'ignorent, ... qu'il n'y a de précaire dans le monde que le triomphe du crime et la durée du despotisme ! ...
Que la liberté périsse en France, la nature entière se couvre d'un voile funèbre, et la raison humaine reculé jusqu'aux abîmes de l'ignorance et de la barbarie. ... ce n'est pas pour un peuple que nous combattons, mais pour l'univers.
Maximilien de ROBESPIERRE, "Rapport sur la situation politique de la République ". Discours prononcé à la Convention le 27 Brumaire an II (17 décembre 1793).
Texte complet sur le site de Philippe Royet
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Les vertus et les miracles de la morale républicaine
Nous voulons un ordre de choses ou toutes les passions basses et cruelles soient inconnues, toutes les passions bienfaisantes et généreuses éveillées par les lois ...
Nous voulons substituer, dans notre pays, la morale à l'égoïsme, ... les principes aux usages, ... l'empire de la raison à la tyrannie de la mode, ... le mérite à l'intrigue, le génie au bel esprit, ... la grandeur de l'homme à la petitesse des grands, un peuple magnanime, puissant et heureux, à un peuple aimable, frivole et misérable, c'est-à-dire toutes les vertus et tous les miracles de la République, à tous les vices et à tous les ridicules de la monarchie.
Robespierre, "Sur les principes de morale politique qui doivent guider la Convention nationale dans l'administration intérieure de la République", séance du 17 pluviôse an II (5 février 1794), "oeuvres de Maximilien Robespierre ", Paris, PUF, 1967, t, X, p. 352.
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Les principes de la Terreur
"Le but du gouvernement constitutionnel est de conserver la République, celui du gouvernement révolutionnaire est de la fonder. ... Le gouvernement révolutionnaire a besoin d'une activité extraordinaire précisément parce qu'il est en guerre. ... Le gouvernement révolutionnaire doit aux bons citoyens toute la protection nationale ; il ne doit aux ennemis du peuple que la mort."
Robespierre, Rapport du 25 décembre 1793.
d'après "Histoire Seconde", collection J. Marseille, éditions Nathan, 1996, p. 181
" Il n'y a pas [d'autres] citoyens dans la République que les républicains. Les royalistes, les conspirateurs, ne sont pour elle que des étrangers ou plutôt des ennemis ... domptez par la terreur les ennemis de la liberté. Le gouvernement de la révolution est le despotisme de la liberté contre la tyrannie."
Robespierre, Discours à la Convention, 5 février 1794.
D'après Berstein et Milza, "Histoire Seconde", éditions Hatier, 1996, p. 233
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L'accusation de trop : le 8 thermidor, Robespierre dénonce un large complot, sans donner les noms.
" Il existe une conspiration contre la liberté publique, ... au sein même de la Convention ; cette coalition a des complices dans le Comité de Sûreté générale ; des membres du Comité de Salut public entrent dans ce complot ; ....
Quel est le remède à ce mal ? ... épurer le Comité de Sûreté générale ; épurer le Comité de Salut public lui-même.
Je suis fait pour combattre le crime non pour le gouverner. "
Robespierre, Discours du 26 juillet 1794.
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