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Moyen
Age
: Contacts culturels dans le monde méditerranéen
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L'Alhambra
de Grenade : un palais musulman qui réutilise la culture scientifique
de l'antiquité
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Qu'est ce que l'Alhambra ? |
Utilisation de ce dossier |
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| Construit progressivement à partir du premier tiers de XIVe siècle l'Alhambra, palais des rois musulmans de Grenade a reçu ses décors sous Mohammed V entre 1354 et 139. Ce palais n'est pas du XIIe siècle, mais il a l'avantage d'avoir été conservé pratiquement intact depuis 1492, et d'utiliser des bases culturelles déja présentes dans le monde musulman et chrétien du XIIe siècle. | On peut utiliser le premier texte avec n'importe quel motif géométrique d'art musulman.La voûte de la salle du trône permet de montrer la présence des sciences issues de l'antiquité dans la culture musulmane médiévale. Les textes qui suivent peuvent être résumés pour expliquer l'utilisation de l'astronomie qu'ils découvrent facilement dans les motifs de la voûte. | ||
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Pourquoi l'art musulman est il abstrait? "La prédisposition naturelle de l'Islam aux idées abstraites s'exprime dans cette exigence d'un art non naturaliste. Dans ce que nous tenons pour la réalité, l'Islam ne voit que l'ombre de la réalité, qui est réelle; qui est faite de divin, de spirituel. Exprimer cela, tel est le sens de l'art islamique. Il ne cherche pas à représenter les apparences de la création, mais l'intérieur, l'essentiel; la structure du microcosme comme du macrocosme. Les valeurs éternelles." Karl Gerstner, Les formes des couleurs, Paris, 1986. |
Quelle forme d'art ne voit on pas sur ce plafond ? - Les couleurs et les formes sont présentes, mais pas le monde visible, végétaux, animaux, sculptures ... Comment appelle t'on cette forme d'art? - C'est un art abstrait. Explication faite en résumant ce texte |
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| Une
peur de l'image ?
Comme des récompenses ruisselant des mains du Calife qui distribue les prises àses lions de guerre, Les flots s'écoulent sur ces fauves qui rampent devant leur maîtreMais ils sont inoffensifs, car il leur manque le souffle de la vie.Toi qui les contemples, ne crains rien : ils ne peuvent montrer leur furie... Ibn Zamrak ( 1333 1395? ), sur les murs de l'Alhambra |
Le texte des murs de la cour des lions s'excuse d'utiliser une figure sculptée et donne un moyen de comprendre le refus musulman de l'image. Il s'agit d'une crainte de la trop grande puissance de l'image.Les anciens égyptiens pensaient que l'image d'un poulet sur un mur pouvait nourrir une momie, les hébreux refusaient l'image et la culture musulmane est restée dans cette idée. Celui qui crée une image prend la place de Dieu en imitant le pouvoir de donner le "souffle de vie" à un objet matériel. | ||
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Inscription
de l'Alhambra : Description de la salle du trône
Contemple ma beauté, et tu comprendras quelle est ma signification profonde. Je suis parfait grâce à la générosité de mon maître l'Imam Mohammed [V]. La perfection de cet édifice qui les dépasse tous en splendeur provient des heureuxprésages des étoiles.Tant de beauté réunie en ce lieu réjouit les yeux, et les rêves les plus fous s'yréalisent.Il y a là une coupole si haute que que son sommet échappe au regard, ainsi sa beauté est à la fois visible et invisible. La constellation des gémeaux étend sur elle ses bienfaits. Les étoiles étincelantes voudraient y prendre place à jamais, plutôt que de poursuivre leur course immuable dans la sphère céleste. Ibn Zamrak ( 1333 1395? ), sur les murs de l'Alhambra |
Ibn Zamrak ( 1333 1395? ) Poète de la cour de Mohammed V constructeur du palais, extrait de l'inscription de la salle des deux soeurs décrivant l'ensemble du palais. |
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Décrivez le plus précisément possible la coupole 8017 pièces de bois / 105 étoiles / symétrie centrale et sur 4 axes / sept cercles de grandes étoiles formées d'un plus ou moins grand nombre de petites zones claires. / Quatre dans l'axe du carré, puis quatre en diagonale, puis huit moyennes, douze grandes, etc / un fond continu de petites étoiles Quels sont les rapports entre ces motifs et le texte de l'alcôve centrale qui se trouve en dessous d'eux ? |
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Inscriptions
de la salle du trône : alcôve centrale
"Avec mes compagnes [les douze alcôves des murs de la salle] nous représentons les [douze] signes du Zodiaque inscrits dans le ciel." Texte coranique " Béni soit celui qui a créé les sept cieux superposés, sans qu'apparaisse la moindre faille dans la création du Miséricordieux (...) Nous avons orné de luminaires (dit-il), le ciel le plus proche. Nous les y avons placés afin de repousser les démons pour lesquels nous avons préparé le châtiment " LXVII, 1-5 |
Inscription
pour les peintres de la voûte
Les traces de polychromie de la voûte correspondent à une courte inscription en arabe sur une des lattes de celle ci, reprenant les couleurs astrologiques traditionnelles attribuées au soleil, à la lune et aux 5 planètes. |
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Sources d'inspiration : Une coupole astronomique "Sa coupole est comme le Baldaquin de Salomon, Avec ses luminaires suspendus dans la salle. Ce dôme qui tourne sur son orbite brille Comme les opales, les saphirs et les perles. Tel est son aspect de jour, et le soir venu, Il ressemble au ciel parsemé de constellations." Ibn Gabirol, poète juif du XIe siècle |
Ibn Gabirol vivant à Grenade au XIe siècle, dans une ville à forte population juive décrit le palais du vizir juif du roi Ziride Badis Habbus, Joseph Ibn Naghralla. Ce vizir juif fut renversé en 1066 lors d'une révolte de musulmans contre un faste exagéré pour un dhimmi et qui aurait fait 4000 morts. Son palais, est décrit par Ibn Gabirol comme une réplique de celui de Salomon et on y retrouve, entre autres éléments, la même coupole astronomique que dans le palais que nous connaissons. |
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Transmission
des connaissances antiques : astronomie et astrologie
Le rôle des planètes est présent chez ibn Gabirol qui parle de Mars: "Tu fais circuler, au-dessus de la sphère du Soleil, Une cinquième sphère, dans laquelle tu as placé la planète Mars. Mars est comme un guerrier redoutable, il provoque les guerres et le carnage, L'extermination, les coups d'épée et les combats; il suscite la flamme qui engendre la sécheresse."Et de Jupiter"Cette planète est favorable et sympathique. Elle suscite la vénération de Dieu,La loyauté, le repentir et toute vertu morale." Ibn Gabirol, Kéther Malcouth (couronne royale) |
L'astronomie et l'astrologie antique d'Archimède ou de Ptolémée, continuée et perfectionne par des musulmans comme Rhazès (Al-Râzi) passionnait Mohammed V dont le médecin juif Ibn Zarzar était aussi astrologue. Chassé par un coup d'Etat dont la date fut choisie sur les conseils d'un astrologue, abu Abu Yafar Ahmed al Ansari, il demanda les conseils de ce dernier pour choisir le moment de sa reprise du pouvoir.L'astrologie faisait partie d'un fonds commun de culture issu de l'antiquité greco-romaine ou persanne et indienne. |
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L'astronomie
au service de l'astrologie
"les prédictions touchant les choses d'un intérêt général, comme par exemple, lavenir des empires et des dynasties sont tirées des conjonctions planétaires, et surtout de celles des deux planêtes supérieures, Saturne et Jupiter." Ibn Khaldoun, Prolégomènes. |
L'astrologie était critiquée par beaucoup d'auteurs chrétiens et par certains musulmans, ils lui reprochaient de limiter la liberté des hommes et la providence divine. Pour la critiquer, le géographe Ibn Khaldoun, qui fut entre autres ambassadeur de Mohammed V auprès de la Castille, explique que les tables de mouvements astronomiques sont nécessaires "pour fonder les prédictions de l'astronomie" |
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Des
transferts en direction de l'occident latin
Gerbert D'Aurillac, fils de paysan né vers 945 et éduqué à Cluny avant d'aller en Catalogne, et d'y apprendre l'usage des chiffres indiens, dont la forme que nous connaissons a été mise au point chez les arabes au maghreb. Il est ensuite devenu précepteur de Robert Ier, supérieur de l'école épiscopale de Reims puis conseiller de l'empereur Othon III, puis Pape, sous le nom de Sylvestre II. |
Cette science des étoiles et de leur rôle est à l'origine des premières recherches astronomiques du monde latin : Importation de l'astrolabe et des chiffres "arabes" par Gerbert d'Aurillac lors de son voyage en Espagne avant 970.Rédaction des "Tables Alphonsines" des mouuvements astronomiques dans la cour du roi des trois religions Alphonse X le Sage (1252-1284) Les auteurs médiévaux décrivent des horloges faites dans le monde musulman ou à Constantinople, le sultan de Damas en offre une au roi d'Italie du sud et Empereur frédéric II en 1232. Elles décrivaient le temps, mais surtout les mouvements de la lune et des planètes, nécessaires pour calculer les dates suivant un calendrier lunaire comme Pâques ou le mois de ramadan. L'occident les imite puis les perfectionne (invention de l'échappement) avec par exemple l'astrarium de de Giovanni Dondi de Padoue, horloge construite de 1348 à 1364 |
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Source
des textes et des images cités : Henri
et Anne Stierlin, Alhambra, Imprimerie Nationale, Paris 2001 Commentaires
réalisés en résumant certains des éléments
du livre.
Cet ouvrage contient des photos magnifiques et une explication de l'histoire du Palais, de son plan, des ses fonctions sociales et politiques, des influences juives et presannes qui s'y manifestent. Contrairement à trop de livres d'histoire de l'art, il montre les conceptions culturelles qui permettent à l'historien de faire vivre et d'expliquer un monument à des élèves. Il donne par exemple les textes du Coran et des inscriptions du palais qui explicitent le fait que de ses jardins sont une préfiguration du paradis. Site des auteurs : stierlinhenri.com |
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