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Diderot
: Liberté de ne pas être commandés pour ceux qui jouissent
de la raison
" Aucun homme n'a reçu de la nature le droit de commander
aux autres. La liberté est un présent du ciel et chaque
individu a le droit d'en jouir aussitôt qu'il jouit de la raison
".
Diderot. L'Encyclopédie, 1751-1772 (article "autorité
politique"). ... Retour Plan
Rousseau : nos idées
et nos actions sont inconsciement modifiées par nos sensations
" que modifiés continuellement par nos sens et par nos organes,
nous portions sans nous en apercevoir, dans nos idées, dans nos
sentiments, dans nos actions même l'effet de ces modifications.
(...) Les climats, les saisons, les sons, les couleurs, l'obscurité,
la lumière, les élémens, les alimens, le bruit, le
silence, le mouvement, le repos, tout agit sur notre machine et sur notre
ame par consequent ". Confessions d'un promeneur solitaire cité
dans Xavier Martin, Nature Humaine et Révolution française,
p. 56 ... Retour Plan
Rousseau: Une pédagogie du
contrôle total
" Je commencerai par émouvoir son imagination ; je choisirai
le temps, le lieu, les objets les plus favorables à l'impression
que je veux faire " (71)
Rousseau, Émile (professoin de foi du vivaire savoyard),
L. IV, p. 463. XM p.123
" Il ne doit pas faire un pas que vous ne l'ayez prévu; il
ne doit pas ouvrir la bouche que vous ne sachiez ce qu'il va dire "
Rousseau, Emile, L. II, p 150, XM p. 120 ... Retour
Plan
Rousseau : contrôler les enfants
en leur donnant l'illusion de la liberté.
" [Q]u'il croie toujours être le maître, et que ce soit
toujours vous qui le soyez. Il n'y a point d'assujettissement si parfait
que celui qui garde l'apparence de la liberté; on captive ainsi
la volonté même. Le pauvre enfant qui ne sait rien, qui ne
peut rien, qui ne connaît rien, n'est-il pas à votre merci
? Ne disposez-vous pas, par rapport à lui, de tout ce qui l'environne?
N'êtes-vous pas le maître de l'affecter comme il vous plaît?
Ses travaux, ses jeux, ses plaisirs, ses peines, tout n'est-il pas dans
vos mains sans qu'il le sache ? Sans doute il ne doit faire que ce qu'il
veut; mais il ne doit vouloir que ce que vous voulez qu'il fasse "
Rousseau, Émile (1762), Paris, 1966, L. I, p. 150. XM p.271
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De La Fare : l'enfant modelable
" [J] 'étais, vous le savez, absolument maître de manier
leurs facultés, leurs jeunes coeurs étaient entre mes mains
une cire molle et flexible que je pétrissais, pour ainsi dire,
à mon gré " l'enfant, pour tout dire, n'est qu'une
" petite portion de matière organisée ", c'est
à son maître qu'il revient de lui donner, " pour ainsi
dire, une âme "
M. de La Fare, Le Gouverneur, ou Essai sur l'Éducation, Londres
1768, XM p, 83 ... Retour Plan
Rousseau : l'autorité absolue
du pédagogue s'exerce sur les volontés
" On façonne les plantes par la culture, et les hommes par
l'éducation ".
Rousseau, Émile, L. I, p. 36. XM p. 86
" S'il est bon de savoir employer les hommes tels qu'ils sont, il
vaut beaucoup mieux encore les rendre tels qu'on a besoin qu'ils soient;
l'autorité la plus absolue est celle qui pénètre
jusqu'à l'intérieur de l'homme, et ne s'exerce pas moins
sur la volonté que sur les actions "
Rousseau, Discours sur l'Economie politique (1755), dans Oeuvres complètes,
t. 3, p. 251. XM p. 86 ... Retour Plan
Georges Gusdorf : une éducation
citoyenne pour un totalitarisme pédagogique
" Ce remodelage procédant du dehors au dedans suscitera l'homme
nouveau, selon les voies et moyens d'une pédagogie totalitaire,
dont on retrouve les linéaments dans les Traités d'Helvétius,
de d'Holbach, de Condorcet, de Bentham et dans l'oeuvre réformatrice
des législateurs révolutionnaires. L'intention des Lumières
est orientée vers la formation en série de citoyens coulés
dans le même moule, ce qui conduirait à une dépersonnalisation
générale "
G. Gusdorl, L'Homme Romantique (" Les Sciences humaines et la Pensée
occidentale ", t. " Paris, 1984, p. 27. XM p. 87 ... Retour
Plan
Mirabeau : obtenir un consentement
patriotique en s'emparant des imaginations
Aussi faut-il, pour le rendre docile et heureux collectivement que l'on
" s'empare (...) de son imagination. Il s'agit donc moins de le convaincre
que de l'émouvoir; moins de lui prouver l'excellence des lois qui
le gouvernent que de les lui faire aimer par des sensations affectueuses
et vives, dont il voudrait vainement effacer les traces, et qui, le poursuivant
en tous lieux, lui présentent sans cesse l'image chère et
vénérable de la patrie " Mirabeau, Travail sur
l'Education publique, trouvé dans les papiers de Mirabeau l'ainé;
publié par P. J. Cabanis..., Paris 1791, XM p. 93 ... Retour
Plan
Rabaut Saint-Étienne : La propagande
par les fêtes révolutionnaires
" [pour trouver] un moyen infaillible de communiquer incessamment,
tout à l'heure, à tous les Français à la fois,
des impressions uniformes et communes, dont l'effet soit de les rendre
tous ensemble dignes de la Révolution [il faut imiter] les grandes
liturgies civiques de l'Antiquité " qui faisaient qu'au même
jour, au même instant, chez tous les citoyens, dans tous les âges
et dans tous les lieux, tous recevaient les mêmes impressions par
les sens, par l'imagination, par la mémoire, par le raisonnement,
par tout ce que l'homme a de facultés "
Rabaut Saint-Étienne, exprimée le 21 décembre 1792,
Arch parlem., 1/55/346/1 XM p.123 ... Retour
Plan
Rousseau : Une éducation
qui ne fait voir que la patrie
" C'est l'éducation qui doit donner aux ames la force nationale,
et diriger tellement leurs opinions et leurs goûts, qu'elles soient
patriotes par inclination, par passion, par nécessité. Un
enfant en ouvrant les yeux doit voir la patrie et jusqu'à la mort
ne doit plus voir qu'elle ". L'amour de la patrie " fait toute
son existence, il ne voit que la patrie, il ne vit que pour elle"
Rousseau, Considérations sur le Gouvernement de Pologne (1770-1771),
XM p. 110
" saisir les enfants à l'époque où ils reçoivent
des impressions décisives, pour préparer des hommes dignes
de la République "
Robespierre 13 août 1793, Arch. parlem., 1/72/126/1.
" La patrie seule a le droit d'élever ses enfants " ...
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La patrie s'empare des enfants
contre l'aristocratie des parents
Robespierre, 18 floréal an II, Arch. parlem., 1/82/138/2.
" Mon fils ne m'appartient pas, il est à la République
" (17)
Danton 13 août 1793,Arch. parlem., 1/72/126/2.
" les enfants appartiennent à la République avant d'appartenir
à leurs parents " (18)
Danton 22 frimaire an II, 12 décembre 1793 : Moniteur n° 84,
24 frimaire, 14 décembre, p. 339/2.
" les enfants appartiennent à la famille générale,
à la République, avant d'appartenir aux familles particulières
"
Barère, à la Convention, 13 prairial an II, 1- juin 1794.
" Au moyen de l'instruction commune vous dérobez le cceur
des enfants à l'aristocratie des parents "
Jean-Baptiste Leclerc À la Convention, 18 décembre 1792
: J. Guillaume, Procès-verbaux du Comité d'Instruction
publique, op. cit., t. 1, p. 196.XM p. 112
Vauréal, théoricien tardif de la pédagogie des Lumières,
estimait à trois ans, on l'a dit, l'âge où l'enfant
pourrait " être offert à l'éducation nationale,
(...) comme une masse d'argille préparée et qui appelle
la main douce et bienfaisante du potier " XM p. 112.
" l'éducation nationale ... s'empare de tout l'homme sans
le quitter jamais, en sorte que l'éducation nationale n'est pas
une institution pour l'enfance, mais pour la vie tout entière "
Rabaut Saint-Etienne, 21 décembre 1792, Arch. parlem., 1/55/346/2.
XM p. 115 ... Retour Plan
Source d'une grande partie des citations Xavier Martin, Nature Humaine
et Révolution française, DMM, 2002 ***
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